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 Le village de Rigonou est encadré par deux dates : le mariage de Jean Laé avec Marie Ursule Mercier et le décès de Marie Laé le 9 octobre 1915, à la suite de l’accident survenu à Stang ar Prat.

Le mariage a eu lieu le 24 septembre 1892. Les nouveaux époux sont allés habiter la ferme, qui avait été attribuée à Marie Ursule Mercier à l’occasion de la donation faite par Marie Jeanne Quélen à ses enfants. Auparavant la ferme était en location. Il est possible cependant, que Marie Ursule l’ait occupée avant son mariage.

Le décès de Jacques Laé, le 22 janvier 1910, puis celui de Véronique Quélen, le 22 février 1911, a amené Jean Laé et Marie Ursule Mercier à quitter Rigonou pour aller habiter le Pors à Trégoudan. Cette ferme était alors occupée par Auguste Laé, qui rencontrait de grosses difficultés financières. Tout cela sera abordé plus loin.

 Le village est actuellement à l’écart de la route RD55, qui va du Fret à Camaret.

Rigonou est cité dans les récits de la bataille de Camaret le 18 juin 1694. La cavalerie, qui venait de Châteaulin, est passée par  Kerloc’h et Rigonou avant de rejoindre la plage de Trez Rouz. Ils sont probablement passés aussi par Lembézen.

La ferme de Rigonou a été mise en location mais il y avait encore des contacts puisque Marie Mercier est tombée du char à banc, que conduisait l’ouvrier agricole lors d’une coupe de roseaux à Stang ar Prat ; il s’agit du vallon, qui conduit à l’ancien châreau d’eau ; il est à peu près à mi-chemin entre Rigonou et Keraudren.

Comme beaucoup d’autres villages il est condamné à ne pas évoluer. Toute construction nouvelle y est désormais interdite. La maison a été complètement rénovée; elle protégée par un mur, qui interdit tout photo.

Si la ferme a été vendue au début des années 1970, il subsiste encore beaucoup de parcelles de terre, dont une, qui abrite un tumulus. Il en sera question dans la page suivante.

Il reste également de nombreux documents concernant la ferme de Rigonou ; ils seront exploités dans des pages suivantes, notamment celle sur les tenues (chapitre 27).

 

Le tumulus de Rigonou

Au détour d’une conversation avec Grand-mère il avait  été question d’un champ plein de pierres à Rigonou, mais le vrai déclic a été la lecture sur internet du résultat du « challenge culturel de Crozon » avec la mention d’un dolmen avec des photos.

Courte revue bibliographique

 

Le plan de Camaret, qui est distribué au syndicat d’initiative, parle lui du tumulus de Rigonou.

 Ce tumulus est cité dans plusieurs ouvrages, revues et journaux.

Sans prétendre avoir fait le tour de la littérature écrite, on a ci-dessous les références les plus importantes.

Il figure sur le site de « mégalithes du monde »,

http://www.t4t35.fr/Megalithes/AfficheSite.aspx?NumSite=30074,

 

« Ce dolmen est situé au nord-ouest de Rigonou ».

  « 
Deux dalles reposent sur des supports peu élevés, sur un tumulus. Il est possible qu’il s’agisse de deux petits monuments distincts, mais ces structures peuvent également être les deux parties émergées d’un seul monument. »

Ce monument est signalé dans l’ouvrage de Jean Mornand ‘Préhistoire et protohistoire en Presqu’île de Crozon’.

On le trouve aussi signalé succinctement sur le site « Persée » :

Rennes

In: Gallia préhistoire. Tome 5 fascicule 1, 1962. pp. 187-201.

de PR Giot – 1962
M. G. G. Toudouze nous a signalé un dolmen et des menhirs à Stang-ar-Prat, entre les villages de Rigonou et Lambézen.
www.persee.fr/web/revues/…/galip_0016-4127_1962_num_5_1_1210

Il est décrit dans un article du journal Ouest France en date du 11 juillet 2009

Les dolmens de Lambézen sont dignes d’intérêt.

Ils sont situés en retrait des habitations, dans un champ non cultivé. Pour les voir, il faut emprunter le sentier qui relie le hameau de Rigonou à la route de Quélern (D355). Ils sont plus près de la route de Quélern, mais il est plus difficile de s’y garer, donc le choix du départ de Rigonou est plus judicieux. Leur recherche peut s’avérer une vraie aventure en famille.

Enfin il apparaît sur le site du patrimoine :

  http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29005100

et sur le site « Bretania », qui reprend très exactement la description du site précédent.

http://www.bretania.fr/EXPLOITATION/Bretania/form.aspx?SC=DEFAULT#/Detail/%28query:%28Id:%270_OFFSET_0%27,Index:1,NBResults:1,SearchQuery:%28CloudTerms:!%28%29,ForceSearch:!t,Page:0,QueryString:rigonou,ResultSize:10,ScenarioCode:DEFAULT,SearchLabel:%27%27,SortField:!n,SortOrder:0,TemplateParams:%28Scenario:%27%27,Scope:Bretania,Size:!n,Source:%27%27,Support:%27%27%29%29%29%29

 

Curieusement la rédactrice de l’article, Mme Le Lu écrit que le tumulus est propriété de la commune de Camaret, dont il est le seul exemplaire.

Le Terrain appartient à Emilienne Le Lann

 

Jean Laé à dit un jour à sa petite fille, Emilienne, qu’il avait à Rigonou un champ plein de pierres, avec des trous justes bons à abriter des renards.

Ce Champ figure bien dans la liste des biens d’Emilienne le Lann, qui sont situés sur la commune de Camaret

  Il s’agit de la parcelle AT0029, qui est rattachée administrativement au village de Keraudren

 

Le champ se distingue également assez bien sur la photographie aérienne prise en 1919.

Sur le cadastre napoléonien on trouve deux parcelles, qui portent le nom de « Goarem Men Guen », avec les numéros 329 et 330.

La parcelle 329 a une contenance de 1410 m² et appartient alors à Marie Claude Le Roy et consorts habitant le Notic, à Camaret.

La parcelle 330 a une contenance de 1000 m² et appartient à la veuve de René Laouénan de Lambézen

Le 27 avril 1931 il y a eu un échange entre les Laé et les Kerinec.

Jean Laé et Marie Mercier cèdent aux époux Kerinec de Lambézen une parcelle située dans ce village : Parc Land n°581, lande, 810 m². Cette parcelle appartient à Marie Mercier, qui l’a reçue lors du partage des biens de sa mère, Marie Jeanne Quélen, veuve de Joseph Mercier

En échange les époux Kerinec de Lambézen cèdent les deux parcelles (n°329 et 330, « men guen »), acquises de Bernard Kerinec, sans autres précisions d’origine. On a bien au total 2410 m².

On peut se demander si l’échange est équilibré. D’un côté on a une superficie de 810 m² et de l’autre 3 fois plus, mais la présence de pierres, connue des deux parties, réduit considérablement la valeur des deux parcelles. Dans l’acte le revenu est le même.

 

Aujourd’hui il y a nettement plus de fougères, que sur les photos précédentes, comme si le champ avait été nettoyé en prévision du challenge culturel.

On voit bien sur le terrain d’autres pierres, qui attestent de la présence de plusieurs dolmen ; en est bien en présence d’un tumulus ; il y a aussi des pierres le long du chemin (parties d’un autre dolmen). La couleur de ces pierres est à l’origine du nom des deux parcelles (Men Guen) et aussi de celui du chemin, qui les borde (Goarem Men Guen).

 

Un nouveau passage en 2014 montre que le terrain est régulièrement entretenu et que certaines zones ont même été dégagées un peu plus que d’habitude.

Il est néanmoins curieux, que ce tumulus n’ait pas fait l’objet de fouilles plus approfondies.

Faisons un tour par le village de Kerloc’h

Même s’il ne reste plus beaucoup de parents dans le village de Kerloc’h, il serait regrettable de ne pas l’évoquer, compte tenu de son importance dans notre généalogie.

 

Comme on le verra plus loin, Jacques Laé est allé chercher son épouse à Kerloc’h. Le 24 juin 1838 il a épousé Marie Laurence Mérour. Son fils Auguste a épousé Marie Louise Véronique Quélen de Kerloc’h. Jean Laé a épousé sa cousine,Marie Ursule Mercier, également de Kerloc’h. Curieusement c’est Auguste Laé, qui était présent lors de la déclaration de la naissance de Marie Ursule Mercier.

 

 

Le village est situé sur la route RD8, qui relie Crozon à Camaret, ou, plutôt à l’écart de cette route, même s’il est probable, que l’ancienne route traversait le village pour rejoindre Kergoelen et Lannilien. Une autre route passait par Keranguyader et rejoignait Rigonou puis Trez Rouz.

L’ancien Kerloc’h était situé en bordure de l’étang du même nom, à l’abri des vents dominants. Il devait y a voir un petit port de pêche. Curieusement l’anse de Kerloc’h s’appelait autrefois l’anse du moulin de la poissonnerie, comme, s’il y avait alors un moulin à marée sur la digue et une pêcherie en amont du moulin

Il y a bien des traces d’une ancienne porte en amont de la route RD8.

Sur la portion  de cadastre de 1831 il y a Kerloc’h à droite et Keranguyader à gauche.

En bordure il y a des champs récupérés sur l’étang. A droite, à côté du village on doit trouver l’emplacement de l’endroit, où on remontait les bateaux, du moins avant la pose de la porte, qui barrait l’étang. Il faudrait aller voir sur place.

L’organisation du village parait très compliquée. Elle l’était encore plus vers 1831.

Nous n’avons plus de terres à Kerloc’h car elles ont été toutes transférées à Victorine Laé après le décès de Joseph Laé. Par contre il reste quelques documents, qui seront exploités dans des pages des volumes suivants

Pour mémoire toute la zone située au nord de l’étang faisant partie autrefois de Crozon ; le rattachement à Camaret a eu lieu en 1908.