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Le cas de Françoise Kerspern est intéressant. Elle est née à Luzéoc’h en 1823 ; son fils Yves est également né à Luzéoc’h en 1858. Selon la grille d’Yves Le Bihan il apparaît, que Marie Anne Le Monze et Marie Galou sont aussi nées à Luzéoc’h, cette dernière en 1740 . On donc la même famille sous le même toit, au moins entre 1740 et 1858. La succession de fait par les mères. Au delà il n’y a plus d’information sur le lieu de naissance et il y a en plus des incertitudes sur les filiations.

Du côté des maris c’est évidemment moins net car le nombre de générations accessibles est plus restreint. De plus le lieu de naissance de Pierre Kerspern n’est pas indiqué sur le registre. Celui de son épouse, Marie Mével, non plus. Par contre il est possible,qu’une partie de la famille soit restée à Penanguer. Les Laurent ont habité également Luzéoc’h, appelé parfois Lozéac’h, village en contrebas de la carrière de Menes Luz.

Une autre remarque concernant les noms de lieux.

Les registres parlent de Penanguer ; Aujourd’hui c’est Pen ar guer ; les règles de mutation ont évolué. Par contre à Roscanvel on écrit Penker ou parfois Penjer pour se rapprocher de la prononciation en usage.

Jean Kerspern

 

Le patronyme Kerspern est relativement rare. En fait, selon Généanet, avant 1700 il se limite à Telgruc et à une zone comprise entre Landeleau et Scaer. Puis il y a une croissance importante vers Telgruc. Il est possible, qu’il y en ait eu avant 1700 à Telgruc mais les BMS ne remontent pas avant cette période.

D’une manière générale les mariages se font dans la paroisse de la future épouse, ce qui permet d’affiner les recherches, même si les recherches faites sur le site Généanet sont le plus souvent étendues automatiquement aux communes limitrophes.

Dans de très nombreux cas, les nouveaux époux vont habiter chez les parents de la mariée. C’est ainsi que les Kerspern habitent Penanguer, puis Luzéoc’h.

Les Corre viennent de Landévennec, mais Etienne Corre et Jacquette Françoise Le Roux se sont mariés à La Forêt Landerneau, ce qui laisse à penser que l’épouse, au moins, est originaire de cette paroisse.

Cette grille fait apparaître aussi les limites de l’utilisation des informations en ligne. En effet on trouve souvent des indications chronologiques floues, du genre « né vers », « circa » (abrégé en ca), qui découle de l’extrapolation de l’âge donné dans les actes.  On arrive aussi à des anomalies comme dans le cas de Jean Corre, né vers 1630, mais dont les parents se seraient mariés seulement le 13 février 1645 à La Forêt-Landerneau. Une régularisation tardive ? A ces aberrations vont s’ajouter les confusions entre personnes portant le même nom, le même prénom et nées la même année (ou à peu près).

 

On voit également apparaître des ambiguïtés au niveau des prénoms, parfois également des noms de famille. Il faudrait avoir accès aux actes pour vérifier les noms des témoins cités dans les actes et ceux des parrains-marraines pour les baptêmes, afin de réduire les risques d’erreurs. 

Les marches de la presqu’île

 

Comme il y avait autrefois, du temps de Charlemagne, la marche de Bretagne avec le comte Roland  (en Allemagne le titre de Markgraf  _ margrave en français_  a été utilisé pendant longtemps), les trois communes Landévennec, Argol et Telgruc, sont parfois appelées « les marches de la presqu’île. On  verra dans les pages suivantes, que les habitants circulent assez facilement entre les trois communes (ci-devant paroisses). Les apports venant de Saint Nic ou de Dinéault ne sont cependant pas à négliger. A l’est il y a le Menez Hom; Au nord il y a l’Aulne et au sud la lieue de grève, qui permet de rejoindre Quimper, du moins, quand il n’y avait pas encore de route.

Marie-Anne Le Monze

Ici aussi on est en face d’un patronyme rare. Avant 1700 il se retrouve presque exclusivement à Telgruc avec seulement quelques individus , qui habitent vers Plouaret. Puis le nom s’étale autours de Telgruc vers le reste de la presqu’île mais aussi au delà. Il a peu évolué à Plouaret; par contre il apparaît vers Huelgoat.

Ici on reste à Telgruc avec deux problèmes : Marie Gallou et Marie Guirric.  En effet il y a beaucoup de personnes portant le nom de « Marie Gallou » et des confusions sont toujours possibles en l’absence d’indications complémentaires. Par exemple Thomas, le frère d’Yves Le Monze a aussi épousé une Marie Gallou et il y a parfois confusion entre les deux,

Par ailleurs le nom « Guirric » était introuvable au début, comme s’il résultait de la lecture d’un acte particulièrement mal rédigé (il y en a beaucoup, qui sont à peu près illisibles); finalement il a été retrouvé à Argol, dans le village de Poulloudour, mais qui semble avoir disparu vers le début du 18ème siècle. Est-ce une déformation de « Garrec » ?