Version 5.4_page 02-32_avril 2024

le fort fait actuellement l’objet de travaux importants, qui devraient se terminer pour l’été 2024. La partie la plus intéressante est cependant déjà accessible

Cette page sera modifiée prochainement pour déplacer dans une page séparée tout ce qui concerne la face cachée (02-33); on y rajoutera probablement aussi la partie de la batterie basse, qui est hors GR34.

Au bout de la presqu’île de Quélern (ou de Roscanvel selon les goûts et surtout les périodes) il y a cette fameuse pointe des Espagnols.

Autrefois elle portait le nom de Pointe Espagnole, en mémoire de la bataille de 1594, au cours de laquelle les Franco-Anglo-Hollandais battirent les Espagnols, qui s’y étaient retranchés. les deux boutons « le fort du Léon » et « les conséquences » permettent d’accéder aux deux pages qui résument la situation.

Les deux sketches (esquisses?)

Dans le fort (tour modèle1811) , qui fut construit en 1812 un peu en retrait de la pointe,  il y a de nombreux documents, dont une carte dessinée par l’un des combattants anglais: Sir John Norris. L’original est à Londres à la British Library.

Curieusement on trouve une autre carte au Canada. Elle serait aussi de Norris (ou plutôt Norreys). Il faut la pivoter pour retrouver la même orientation, sachant que les légendes sont alignées sur les parties du dessin, qu’elles décrivent. Depuis on retrouve ces deux esquisses dans de nombreux sites sur le net, ce qui rend difficile l’identification des sources initiales.

On retrouve bien les deux demi-bastions encadrant une courtine. Les canons espagnols sont dirigés vers la mer puisque leur but était d’empêcher le passage par le goulet. Il y a le dessin des tranchées anglaises et françaises, ainsi que la position de leurs propres canons.

D’après le sketch (c’est ainsi que les anglais nomment ce dessin, qui aurait été fait pendant l’assaut) les troupes anglaises étaient à gauche, les françaises à droite.

Apparemment, d’après les textes rassemblés par les canadiens, Samuel de Champlain faisait partie des attaquants. Certains disent même, qu’il était l’espion d’Henri IV.

Plusieurs auteurs ont décrit l’assaut du fort. On trouve même un résumé en Espagnol.

Pese a ello,un pequeño cuerpo organizado en Blavet desembarcó en Cama-
ret y se fortificó en la península de Crozon, levantando el fuerte llamado «La Pointe
des Espagnols», dominando la entrada al puerto de Brest. Felipe II no pudo auxi –
liales y un ejército anglo-francés, apoyado por una flota anglo-franco-holandesa,
les sitiaron por mar y tierra (2.XI.1594). Los españoles se defendieron hasta que el
fuerte fue tomado por asalto el 15 de noviembre, resultando masacrada su guarni –
ción salvo 13 supervivientes; mientras, el socorro terrestre que conducía personal-
mente Juan del Águila, quedaba bloqueado en Plomodiern. 

La bataille avait été décrite avec beaucoup plus de détails dans la revue Avel Kornog. Je l’avais sous les yeux, chaque fois, que j’allais à la cale de Quélern, mais je viens seulement de l’ouvrir. Du coup je ne modifie pas le texte de la page. Les personnes intéressées pourront toujours essayer de retrouver la revue. Sur le net on trouve également des récits très détaillés, peut-être trop d’ailleurs.

La pointe des Espagnols en cours de réhabilitation

Ci-dessous  la plate-forme dans son état avant les travaux. Il y a eu il y a longtemps une longue-vue mais elle a été supprimée (ou récupérée).

Les 4 alvéoles des canons de 100mm ont été dégagées, nettoyées et sécurisées. La vue est prise de l’observatoire qui permet une vue impressionnante à 360° sur le goulet et la rade de Brest.

Le départ du GR34 est sur la gauche de la photo mais on peut distinguer à droite la chaîne qui barre l’accès à l’ancien cheminement.

Un canon de 320mm (on parle plutôt de 32cm pour ce type de pièce) a été installé; Il y  avait 19 canons en tout mais ils ne sont pas tous du même calibre. En effet il y a aussi des 25mm

La répartition des 19 canons, 8 vers le goulet et 11 vers la rade, est représentée sur le second panneau, qui est installé à la sortie du parking.

Il reste cette question sans réponse: les fortifications de 1749 sont-elles situées exactement à l’emplacement du fort du Léon ou ont-elles été construites en retrait?

L’enceinte construite en 1749 était encore en travaux en 2023 mais on peut accéder à la pointe par une poterne sur la droite de cette enceinte. Je ne l’avais jamais empruntée; en fait je ne savais même pas qu’elle existait.

En face du parking à l’entrée d’une zone destinée à être revégétalisée il y a des pierres apparemment récentes. S’agit-il de la future entrée du fort?

Que dit la toponymie de 1830 ?

Qu’en reste-t-il dans la toponymie locale en 1830?

Pas grand-chose en fait.

Actuellement toute la zone, ou presque, est englobée dans une seule parcelle appelée « fort de la pointe ».

Le fort espagnol ayant été rasé immédiatement après la victoire, il faudra attendre quelques années pour voir surgir de nouvelles constructions (1749 pour l’enceinte appelée ci-dessous barrière). 

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Pour les gens de 1830 le fort de la pointe c’est « le fort ». Le fortin en arrière ou tour modèle 1811 est appelé « citadelle », ainsi, que les terrains les plus proches. Entre les deux il y a le rappel de la barrière, qui permet d’accéder au fort. C’est probablement le nom donné à la muraille qui ferme le fort.

Le vieille batterie de Beaufort (construite vers 1660, peut être même plus tôt) a donné son nom aux terres voisines. Elle est parfois qualifiée de batterie de Vauban, alors qu’il la considérait lui-même comme une vieille batterie.

Le Pourjouin correspond aux parcelles, qui surplombent la batterie du même nom, située au ras de l’eau et qui est pointée vers Brest pour prendre à revers les bateaux, qui auraient pu forcer le goulet..

Le chemin GR34 longe Toul Bras, zone très pentue avec un risque de chute car le chemin est très étroit et pratiquement sans protection. Cette section était neutralisée en septembre 2018 mais en septembre 2022 on l’empruntait à nouveau, la végétation ayant poussé.

Parc ar Belvern doit être une mauvaise transcription car sur l’état des sections il y a en dessous « Parc ar Belouarn »; cela ressemble à cette confusion entre le singulier (louarn) et le pluriel (lern) que l’on retrouve dans le nom de la pointe des espagnols ou celle des capucins. on est encore en pays de renards. Parcou Meneuguen doit être également une transcription hasardeuse, tout comme Golen vras ou Val an Ouarn.

Par contre Garrec an dour et Garrec ar Bleis font bien référence à la falaise voisine.

Visiblement le découpage des parcelles est ancien car les voies d’accès coupent un grand nombre ce parcelles. Ce qui surprend c’est le découpage des parcelles dans une zone en pente raide, difficile d’accès et à peu près inutilisable.

Les parcelles appelées « la citadelle » se trouvent de part et d’autre de la tour.

Comme Lam Saoz ou La Mort Anglaise à Camaret, la pointe a pris le nom des assaillants. De pointe Espagnole elle est devenue par la suite Pointe des Espagnols, comme la Pointe du Capucin est devenue Pointe des Capucins.

Par contre il n’y a pas d’indication d’un nom plus ancien. La seule concession est le nom du village le plus proche : Penaroz. La pointe n’avait peut-être pas de nom spécifique. On trouve aussi de la même façon  Penn ar Roz pour le Cap de la Chèvre à Crozon.  Cela fait penser aux parcelles « Menez à cap », qui sont situées à la pointe de Trémet. et au « fort du grand cap », cité dans l’un des documents d’archive.

D’ailleurs dans les écrits contemporains on parle souvent de fort de Camaret ou de fort de Crozon, sans doute pour faciliter le repérage du fort. Pour les espagnols c’était le fort du Léon.

La tour modèle (avant les travaux)

Elle se trouve à l’intérieur de la boucle formée par la route RD355.

Elle est entourée par un large fossé. Le crénelage a été raboté par les allemands semble-t-il.

L’accès se fait par un couloir incurvé afin d’empêcher les tirs au canon sur la porte.

Par contre il y a une embrasure, qui pend le chemin d’accès en enfilade. La tour abrite un petit musée.

La batterie basse

Elle était autrefois accessible uniquement par un chemin, qui commençait vers la droite de la plateforme et descendait en lacets. Ce chemin a été interdit car il passait le long de maisons en ruine.

On peut néanmoins accéder à la batterie par le chemin, qui est en bas de l’escalier emprunté par le GR34. La présence de ces grandes plaques, qui ne demandent qu’à tomber, incite à la prudence. Elles sont à peu près au niveau de la partie jaune du plan Traverse de 1700 reproduit ci-dessous.

La Région Bretagne a mis en ligne un grand nombre d’informations concernant le patrimoine. on y trouve beaucoup de photos et de cartes. Il y a entre autres le projet Traverse de 1700 pour la Pointe des Espagnols. Tout n’a pas été réalisé, faute d’argent. Le projet a été ensuite profondément modifié

Finalement c’est la photographie aérienne prise en 1947, qui donne une idée de l’existant avant sa couverture par la végétation. Il est possible de distinguer les nombreux trous formés par les  bombes qui se sont abatues sur la pointe et ses environs. A gauche il y a l’appontement, qui servait à débaerquer les approvisionnemts. Son platelage a disparu sous les bombes et ce qui restait a été récupéré.

De la plate-forme on rejoint le GR34 par un chemin en lacets, qui se termine par un escalier monumental. On tourne à gauche pour rejoindre la retombée de la muraille, que l’on franchit par un pont.

La face cachée de la Pointe des Espagnols

Je pensais avoir tout vu lors des nombreuses explorations de la presqu’île au début des années 60, soit seul, soit avec Jean Lautrou. En fait il y a encore des choses à découvrir, notamment au niveau de la Pointe des Espagnols. 

C’est ce qui s’est passé lors des journée du patrimoine 2018. Il s’agissait de faire le tour des constructions faites par les allemands pour protéger le fort de la Pointe des Espagnols. 

Même, si on est à l’écart du GR34, la promenade est incluse dans le sous-chapitre « GR34 » car elle est en quelque sorte une « option », sachant, qu’elle se refermera rapidement, à nouveau enfouie dans la végétation. C’était d’ailleurs le cas en 2020 mais il est prévu d’y retourner en 2024.

Le point de départ (et aussi le point d’arrivée) fut le grand parking en amont de la pointe.

Ce devait également un but de promenade pour l’été 2019 mais le temps a manqué, en 2020 également; à faire en 2024 ou 2025, si la végétation n’a pas déjà repris le dessus;

 Vu d’avion on voyait en 1971 les nombreux trous de bombe et les chemins, qui traversent cette zone. Il y a cependant une construction importante derrière la tour-modèle. Sur les photos les plus récentes il reste un grand nombre de points noirs, probablement les ouvertures des casemates encore accessibles.

Le parking est en haut à droite, le long de la route touristique RD355.

en bas à gauche il y a le village de Penaros et la vallée du Stiff.

L’ancien tracé du GR34 se devine au niveau de la boucle ; la partie effondrée du GR34 se situe au niveau du parking.

Les saignées visibles sur la photo aérienne sont, pour partie, l’œuvre de la société de chasse. Le tour de Roscanvel à vélo passe par le chemin rectiligne, qui est entretenu par la municipalité.

La première étape est au dessus du fort du Stiff avec une casemate classique, qui domine le goulet.

On rejoint ensuite Penaros et son puits.

Les casemates se succèdent, toutes semblables et pourtant presque toutes différentes.

Dans les plus importantes il y a un escalier, qui conduit à une plate-forme défendue par deux meurtrières. L’entrée de la casemate est bien entendu décalée.

L’intérieur est vide.

Pour relier les différentes casemates il y a des cheminements.plus ou moins larges, qui ont été dégagés pour l’occasion et qui se refermeront dans quelques années.

Il y a surtout des tranchées.

il faut faire très attention car les ouvertures des casemates sont souvent au ras du sol.

Dans d’autres cas c’est une barre de béton, qui surgit.

Le plus surprenant reste la poudrière.

Comment une telle structure a-t-elle peut passer inaperçue?

Elle figure pourtant sur un schéma publié dans un article sur la pointe des espagnols avec les chemins qui mènent aux batteries.

Enfin on retrouve le circuit pour vélo, qui passe sur la droite pour rejoindre la pointe. Nous continuons vers le parking

La vieille batterie

La vielle batterie se trouve en contrebas du GR34 avant d’arriver au Pourjoin. Elle a été explorée il y a quelques années et des photographies sont visibles sur le net. Sur le plan ci-dessus elle est située en contrebas de la première batterie et surtout sous l’espace qui avait été dégagé pour servir de point de vue. Les chemins d’accès sont visibles sur le plan.

Vu du GR34 c’est différent. Il y a déjà ce rideau d’arbres qui masque la batterie et si il semble y avoir une amorce de chemin au niveau de la pierre, la pente est relativement forte.

Pourtant on la distingue bien vue d’avion.

En partant du parking et  point de vue on voit nettement le GR34 avec un massif boisé juste devant le goulet.