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Pendant plusieurs siècles nos ascendants ont privilégié la terre par rapport aux habitations. Ce n’est plus le cas actuellement.

Les maisons, qui sont encore dans la famille ont été abordées dans les chapitres 11 à 13; le volume 14 a été consacré aux habitations ou hameaux, qui ont disparu. Il y a aussi des maisons ou des fermes, qui ont été vendues ; elles font cependant partie de notre histoire

La ferme Capitaine

Si nous allions le mercredi rendre visite aux tantes, qui habitaient Brest, c’était différent à Roscanvel. Il n’y en avait, que deux : tante Marianne, l’épouse de Pierre Le Bihan, et Tante Rose, l’épouse d’Alexandre, le dernier de la tribu.

Les contacts avec Tante Marianne ont été rompu très vite car elle devait avoir une langue trop acide. IL restait Tante Rose, que nous allions voir très souvent car elle racontait de merveilleuses histoires. Sa maison était au Gouérest, en allant vers la pointe des Espagnols. Il ne nous est jamais arrivé de demander, où était la ferme de la famille Le Bihan. Pourtant elle était en face, de l’autre côté de la route. Elle se trouvait à l’emplacement du n°1009 avec un jardin et une crèche (1012) ; il y avait aussi une petite crèche en 1006bis, autrement dit pas grand chose. Aujourd’hui la configuration a changé ; il y a de nouvelles constructions et la maison a probablement été reconstruite.

En 1830 La maison était au nom de la « veuve de Michel Goascoz » , la grand mère de Marie Jeanne Louise Capitaine (l’ordre des prénoms varie). Son mari était venu de Telgruc, probablement les mains vides, et les Capitaine étaient originaires de Dinéault, la maison ne pouvait être, qu’un bien d’une vieille famille de Roscanvel : les Goascoz.

En 1841 elle est occupée par Denys Capitaine (SOSA36), son épouse et ses deux enfants.

En 1906 on va trouver Yves Le Bihan, son épouse, Marie Jeanne Louise Capitaine, leurs 8 enfants et la belle-mère Françoise Kerspern, en fait la mère d’Yves Le Bihan. En tout cela fait 11 personnes dans une petite maison.

Comment pouvaient-t-il tenir dans un espace aussi restreint, qui ne devait pas dépasser 60m² ? Le sol de la maison et celui de la crèche font ensemble 129m² seulement.

En tout il y a eu 12 enfants mais 2 sont morts en bas âge. Il en restait quand même 9 ; l’aîné, Jean-Marie, était déjà parti. Si on enlève François, décédé pendant la Grande Guerre, cela fait quand même 9 rationnaires lors du partage des biens. Or un survol rapide de l’état des sections montre, que la veuve de Michel Goascoz avait peu de terres, du moins dans le village du Gouérest. Les fils sont entrés dans la Marine (ou les Douanes pour Pierre) et les filles ont épousé des militaires. La grand-mère Capitaine a vendu la ferme et distribué le produit de la vente à ses enfants.

Dans un article Joël Le Goff disait, que ses parents avaient acheté les terres mais pas la maison semble-t-il, qui a trouvé un autre acquéreur.

La maison de la rue de la Mairie

La maison de la rue de la mairie a été construite sur la parcelle 305, qui appartenait autrefois à Jean Marie Vergos de Penarcréac’h. Sur l’état des sections elle porte le nom de Place ar Yer et elle ne fait, que 660m².

C’est une parcelle très allongée, en haut sur le plan.

Elle n’existait pas lors de la réalisation du cadastre vers 1830. Il n’y avait pas d’école non plus.

Elle est dans le partage des biens Jouin-Stéphan du 14 janvier 1907 et, selon toute vraisemblance, Pierre Le Lann y est né.

Ses parents se sont mariés en 1888 et ses grands parents en 1855.

Le dénombrement des populations de Roscanvel permet de suivre leur déplacement, s’il y en a eu.

Il faut remonter dans le temps :

Pierre Louis Jouin et Marie Louise Stéphan (les prénoms dans l’ordre, que l’on veut) habitent au Bourg en 1896 ; cette année là l’instituteur est premier sur la liste et la famille Juin en 3ème position. Leur maison est donc toute proche.

1891 : l’instituteur est toujours en position n°1 mais les Jouin sont en 6ème.

1886 : il n’y plus d’instituteur et les Jouin sont en 12ème position; l’agent recenseur a changé de méthode en 1891. C’est peut-être à la suite de la construction de l’école-Mairie.

1881, 1876 et 1872 : les Jouin sont toujours au bourg.

Ils n’y sont plus en 1866 et ils ne sont pas à Lanvernazal. Où sont-ils donc ? Ils sont peut-être à Brest car Pierre Jouin est charpentier au port.

Elle a donc été construite entre 1866 et 1872.

Elle a été reconstruite après la guerre et mise en location pendant plusieurs années avant d’être vendue car Thérèse de supportait plus d’avoir à gérer les locations d’été.

La maison de Tante Adèle

La maison de Tante Adèle a été construite vers 1901 sur un ensemble de deux parcelles, qui appartenaient respectivement Jean René Stéphan de Lanvernazal (#333 avec une surface de 410 m² _ heuch ar tors) et Sénéchal de Rostellec (#332 pour 490 m² _ An Toros), du moins d’après l’état des sections de 1831.

Au total on retrouve bien les 900m² cités dans l’acte de vente de Marie Françoise Stéphan à Pierre Jouin, déjà cité dans la page précédente (la maison de la rue de la Mairie) : le 12 août 1866 Pierre Jouin a acheté à sa belle-sœur, Marie Françoise Stéphan une parcelle de 900m² appelée Tachen ar Tors. Le nom de la parcelle a changé mais ce n’est pas important. Pierre Jouin a finalement construit sa maison plus loin, derrière la place du village (parcelle 305) ; le tors était donc disponible.

Contrairement à ce, que laisse penser le plan cadastral, le chemin appelé le Tors est effectivement tordu dans la partie basse et l’accès à la parcelle n°333 est assez difficile.

Il est probable, que Pierre Maudire ait profité de la réalisation de la route de la Pointe (devenue rue de Pontscorff) pour construire sa maison ; elle se trouve en effet au bord de la route et non pas sur la partie haute de la parcelle comme la maison voisine. La construction du fortin, puis celle de la route RD355 ont grignoté la parcelle, qui ne fait plus, que 761m².

La maison de Tenté Adèle a été construite vers 1900 ; il est probable, que celle de sa sœur, que l’on voit derrière, date de la même période. C’est en effet une véritable copie. Sur la gauche de la photo il ya l’école des filles, qui est devenue la mairie de Roscanvel.

A droite l’hôtel « Bellevue », qui devait disparaître, a finalement été racheté ; il est en cours de reconstruction.

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La maison de Tante Adèle a l’avantage de se trouver face au port de Roscanvel et l’inconvénient d’être au niveau de la route, surtout l’été, quand il y a beaucoup des circulation. C’est pourquoi il a été décidé de la mettre en vente.

La maison de Georgette ou « Ty Maurice Téphany »

La petite maison a été longtemps utilisée comme annexe de la ferme exploitée en dernier lieu par la famille Jézéquel et dont la maison d’habitation était en face de Ty Bian, de l’autre côté de la route.

Cette maison, que nous avons toujours appelé la maison de Georgette, même si son frère et sa sœur y ont également habité, a été en partie détruite pendant la guerre. La crèche a aussi beaucoup souffert pendant la dernière guerre ; elle a été également reconstruite, en respectant strictement les dimensions d’origine, alors, que la municipalité souhaitait élargir la route.

La maison a finalement été vendue, car trop difficile à réhabiliter, mais les acquéreurs l’ont bien retapée, tout en conservant l’aspect extérieur.

Le puits situé derrière la maison est resté par contre dans sa configuration d’origine, avec un niveau d’eau situé souvent au dessus du niveau du sol de la maison, ce qui provoque toujours des remontées d’humidité importantes.



Une maison autrefois partagée en deux

Lors de la rédaction du cadastre, en 1831, elle est partagée entre deux propriétaires : Jean Jaffré (parcelle 456) et Yves Rogel (parcelle 457). Ils ont chacun la moitié de la maison et de la cour. Ils ont aussi, en face, une partie de Parc Leur

Elle est décrite dans l’acte de vente du 9 avril 1865.

L’acheteur est Yves Le Thiec de Trégoudan

Les vendeurs : les 3 filles de Guillaume Jaffré, qui avait reçu les biens lors du partage du 24 juin 1854 (probablement le partage des biens de Jean Jaffré).

La maison porte alors le nom de « ty maurice téphany ».

Or le 15 février 1817 décède à Trégoudan Maurice Téphany, âgé de 71 ans, fils de Charles Téphany et de Jeanne Le Goff.

Les déclarants sont Joseph Téphany, son fils, âgé de 37 ans et Jean Hervéguen, non parent, âgé de 34 ans et habitant Penarcréac’h, le village, qui domine Kerellot et où était construit le moulin de Quélern

En 1841, lors du dénombrement des populations, la maison est habitée par Joseph Téphany, sa mère, Rose Maudire, et une domestique, pour une partie; l’autre partie est habitée par Joseph Le Bihan et Anne Le Bloas, sa femme.

Est-ce le même Maurice Téphany, que l’on va retrouver dans le livre de Marcel Burel, où il décrit un partage à LODOËN ? C’est fort probable.

L’acte précise que les biens sont affermés aux acquéreurs, mais ne dit pas qui est propriétaire de l’autre moitié.

Le prix de vente est de 2400 F, ce qui permet d’avancer, qu’une maison entière vaut environ 5000F.

La maison est achetée par Véronique Quélen le 19 février 1889, mais nous n’avons pas la copie de l’acte de vente; nous savons seulement que, selon le bail du 28 avril 1889, la maison a été achetée à Marie Jeanne Thiec, veuve Mérour, probablement la fille d’Yves Le Thiec.

Véronique Quélen a acheté Ty Maurice Téphany 7 mois après avoir acheté la maison « JTK », mais près de 20 ans après avoir acheté le premier penty aux descendants de Jean Marie Penfrat  (Ty bian). Voulait-elle constituer une deuxième ferme pour l’un de ses fils?

Ty forn

Avec la maison Ty Maurice Téphany,  Yves Le Thiec, puis Véronique Laé, ont  acheté aussi une partie des biens de Jean Jaffré et notamment la maison nommée ty forn ; un courtil au nord de la maison, nommé liors  an ty forn.

Sur le cadastre le courtil s’appelle « Liors Corn » (n°417), car il est au coin de « Liors Bras ». Attention à ne pas confondre avec l’autre « Liors Bras », le nom des parcelles sur lesquelles ont été construites les propriétés de Joseph Keraudren.

On a donc ici un autre exemple de changement de nom.

Aujourd’hui ty forn est en ruine, après avoir servi longtemps de remise pour la charrette de M. Jezequel.

J’ai assisté une fois à un battage sur l’aire devant ty forn, que l’on voit bien sur la photo de 1919.

Pour mémoire la parcelle suivante s’appelle « parc leur », l’aire à battre, mais dans ce cas il s’agit de l’aire, qui était située autrefois au nord des parcelles 422 et 423.

Jean Jaffré avait également la parcelle adjacente, partie de « Liors Bras » et, faute de détail, la vente a très bien pu inclure aussi cette deuxième parcelle. Le plan cadastral montre d’ailleurs très nettement que le partage, qui a conduit à l’individualisation des parcelles 418 et 419 est récent.

Par contre sur l’état des sections Liors Bras est partagé entre Jean Jaffré de Kerguinou et la veuve de Jean Folgar ; il faut apparaître également une partition de la parcelle 420, qui ne figure pas sur le plan, mais qui doit être récente, car elle est en interligne.

La ferme de Rigonou

Adjudication Penfrat de 1854

Le nom de Rigonou (écrit parfois et prononcé Rigounou) apparait la première fois dans l’adjudication du 6 février 1854 ; ce jour-là Jean Marie Quélen de Kerloc’h a acheté pour 6400F à M. Felix Penfrat du Conquet la ferme de Rigonou avec 11 hectares de terres (74 parcelles). Pourquoi avoir acheté cette ferme ? Jean Marie Quélen devait avoir déjà une ferme dans le village.

L’acte précise bien qu’il n’y a pas eu de remise de titres. Ces biens font partie de la succession de M. Michel Penfrat son père, décédé au Conquet. Les deux autres enfants de Michel Penfrat étant également décédés, M. Felix Penfrat se défait de la totalité des biens de son père, que l’on va retrouver dans le cadastre sous le nom de Michel Marie Penfrat, de Brest.

Le village se situe à l’écart de la route qui mène du Fret à Camaret. Il n’est pas très loin de la déchetterie. Dans le PLUI, qui vient d’être approuvé le village est totalement inclus en zone agricole. Aucune construction nouvelle n’est désormais possible.

La maison se trouve au cœur du village (parcelle n°496), sur un ensemble de parcelles, qui porte le nom de Parc Ty al laé !!

Il s’agissait probablement le distinguer les maisons situées au sud du chemin de celles, qui sont côté nord même si la différence de niveau est très faible.

Rigonou aujourd’hui

La maison a été vendue à la fin des années 60 mais les terres sont restées. Nous avons juste récupéré la grande auge en pierre, qui se trouve devant Tybian à Trégoudan.

Le village a souffert des bombardements et plusieurs bâtiments sont restés à l’état de ruines. La maison a été agrandie (parcelle 87) et transformée en gîte. Il y a même une piscine.

Il n’est pas possible de photographier la façade.

La maison voisine, qui appartenait à Jacques Marchand, a été reconstruite. Les maisons situées plus à l’ouest sont des ruines, l’une appartenait à Pierre Thépot ; l’autre est citée dans l’affaire de la tenue à domaine congéable (Herjean Caradec). Elles sont toutes sur des parcelles appelées « liors creis ».

En face la longère Théphany (Ty Bras) a été réduite, mais elle a conservé de belles portes.

Lors de l’adjudication la ferme de Rigonou est louée pour 270F par an à Pierre Le Roy, dont le fermage cesse le 29 septembre 1856.

En mai 1859 Pierre le Roy de Rigonou reçoit de la justice de paix de Crozon communication de l’existence d’une donation faite en 1855 par Marie Perrine Quelen à Pierre Morvan son mari, cultivateur à Rigonou. La lettre est destinée à Jean louis Morvan, marin à Rigonou.

De quelle branche s’agit-il ?

Jean Marie Quélen est décédé en 1857, donc quelques années seulement après l’achat de la ferme de Rigonou. Sous réserve de vérification, il a eu deux filles : Marie Jeanne et Marie Louise Véronique. Il manque le partage de ses biens mais il semble, que les 2 filles se soient partagées la ferme de Rigonou.

En 1855 Marie Jeanne avait épousé Joseph Mercier et Marie Louise Véronique a épousé Auguste Laé en 1865.

En 1876 Joseph Mercier fait un procès à Hervé Douarin, qui n’a pas payé les 210 francs de ferme verbale pour la tenue de Rigonou. Est-ce un morceau de la ferme en question, sachant que le nom de Marie Jeanne Quélen n’apparaît pas ? Il est possible qu’il ait également d’autres terres à Rigonou, indépendamment de celles de sa femme.

Après le décès de Joseph Mercier (1879), son épouse fait en 1891 une donation de ses biens propres à ses enfants en rajoutant ceux venus de la succession de son époux. Elle a 4 filles, il y a donc 4 lots. Marie Mercier, la petite dernière récupère Rigonou, qui ne doit plus contenir que 7 hectares de terres. Une autre partie a été vraisemblablement attribuée à Véronique, épouse de Jean Mercier, car on en retrouve chez Marie Thérèse Mercier.

Marie Mercier épouse Jean Laé en 1892 ; ils vont habiter Rigonou. Il y a eu alors des achats de terre car on retrouve à peu près les 11 hectares au décès de Jean Laé.

Le ferme a été mis en location à partir de 1911 et elle a été partiellement détruite pendant la dernière guerre. Elle a été vendue au début des années 70. Nous avons juste récupéré la grand auge en pierre.

Litige sur la tenue à ferme congéable de Rigonou est abordé dans la page 31-61.

En 1876 Joseph Mercier fait un procès à Hervé Douarin, qui n’a pas payé les 210 francs de ferme verbale pour la tenue de Rigonou. Est-ce un morceau de la ferme en question, sachant que le nom de Marie Jeanne Quélen n’apparaît pas ? Il est possible qu’il ait également d’autres terres à Rigonou, indépendamment de celles de sa femme.

Le troisième lot

Le 7 janvier 1891, Marie Jeanne Quélen fait une donation de ses biens (et de ceux de son défunt mari, Joseph Mercier) à ses quatre filles. Le troisième lot, avec la ferme de Rigonou, est attribué à Marie Mercier.

La ferme est alors affermée à Bernard Bouézennec.

Il n’y a plus que 30 parcelles de terre pour un peu moins de 4 hectares. Il manque donc plus de la moitié des parcelles de l’adjudication et plus de 60% de la surface. Il est probable, que l’autre partie de la ferme se soit retrouvée dans le lot attribué à Victorine Mercier, puisque l’on va retrouver dans la succession de Marie Thérèse Mercier.des terres situées à Rigonou.

Dans le partage le notaire évalue à 350F les revenus de la partie appartenant en propre à Marie Jeanne Quélen et à 300F ceux des acquêts. La valeur des biens partagés (15000F) et l’absence de soulte confirment bien qu’il y a eu un démantèlement de la ferme.

Marie Mercier a épousé Jean Laé  peu de temps après; ils sont allés habiter la ferme de Rigonou.

La famille Laé quitte Rigonou pour venir habiter définitivement à Trégoudan après le décès de Jacques Laé, survenu  le 22 janvier 1910.

Elle n’y est pas encore lors du dénombrement de 1911 et les suivants ne sont pas accessibles en ligne, mais on a un bail au profit de Bernard Roudant, qui est daté du 4 avril 1911. Le déménagement a donc eu lieu après le dénombrement et avant le décès de Véronique Quelen le 22 avril 1911.

Il y a pourtant un acte, qui mentionne, probablement par erreur, que la famille habitait encore Rigonou en 1919.         

C’est en rentrant de Stang ar Prat que Marie Laé décède en tombant de la charrette chargée de roseaux, que conduisait un ouvrier agricole.

Le champ Foënnec Stang ar Prat a été exproprié en 1921 pour permettre l’aménagement du centre d’aviation maritime de Camaret. Le montant payé par l’Administration a été de 885 francs, montant élevé s’il s’agit bien de la parcelle 334, qui ne fait que 1370 m².

Il reste encore beaucoup de terres

En effet lors de la succession de Jean Laé le notaire fait l’inventaire de ses biens et trouve 71 parcelles pour un total de près de 11 hectares. Il y a eu des ventes entres 1891 et 1951 ; il y a eu aussi des achats et des échanges. Il faut encore vérifier si on retrouve les terres de l’adjudication. Il est possible que Marie Mercier ait racheté les parts de ses sœurs, mais le document n’a pas été conservé.

Bien évidemment toutes ces terres sont inconstructibles et même, pour certaines d’entre elles, interdites à tout exploitation (notamment au sud du village).

La maison de la rue Poulpatré

Il y a dans les documents conservés dans la caisse un acte de vente daté de 1849 et concernant un sixième de maison. Il s’agit de la maison située au numéro 1 de la rue Poulpatré à Crozon.

La première page de l’acte de vente situe très exactement la maison :

Elle a bien évidemment changé depuis mais l’essentiel a été conservé.



La mise en ligne de l’état des sections de Crozon confirme bien, que Jean Marie Vergos était (pour partie) propriétaire de la maison située au n°1 de la rue Poulpatré, parfois appelée aussi rue de Châteaulin.

En effet il est cohéritier de 4 parcelles numérotées de 490 à 493 : 490 et 491 sont des jardins, 492 une crèche et 493 un maison divisée en deux logements.

En 1849 M. Flers habite la maison, qui donne sur la rue Poulpatré, et la crèche a déjà été transformée en habitation.

La vente est faite pour un montant de 600 F payé à Jacques Laé plus une rente viagère de 700 F pour Jean Marie Vergos. En échange M. Flers vend pour 60 F à Jacques Lé des terres, qu’il vient d’acquérir au bourg de Crozon. Leur emplacement n’est pas précisé.

On peut supposer, que les autres héritiers ont également vendu leurs parts le même jour.

Le montant de la rente viagère paraît élevé.

Comment ce sixième est-il arrivé là ? En fait dans le partage des biens de Joseph Keraudren et de Marie Anne Kerguelen il y a aussi ceux appartenant en propre à Marie Françoise Kerguelen, sa sœur, qui est décédée quelques années plus tôt ; elle était l’épouse de Jean Marie Vergos. C’est un peu compliqué car il y a eu dès le départ un problème d’inventaire. Il manque des éléments, que l’on retrouvera peu à peu dans d’autres documents.

Pour revenir en 1839, Jacques Keraudren a eu la moitié de l’héritage de ses parents et de celui de Marie Françoise Kerguelen ; les 3 enfants Laé ont eu l’autre moité, c’est à dire 1/6ème chacun.

En 1830 la maison,qui lui fait face appartient à Emmanuel Le Gentil, propriétaire déjà du Manoir de Quélern. La maison a été reconstruite à plusieurs reprises pour devenir la mairie de Crozon et enfin un hôtel. L’hospice était alors juste à côté.