06-14_Des ronds dans l’eau

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Troisième période

A peine débarqué du Montcalm,  Hervé embarque le 2 novembre 1917 sur  l’Engageante. Il effectue plusieurs patrouilles (et escortes de convois) au large de la Bretagne, de Plymouth à Gibraltar, mais plus généralement  de Quiberon à La Pallice; cela dure jusqu’à l’Armistice.

Fin 1917 la guerre navale avec l’Allemagne est pratiquement terminée; les forts sont désarmés (Tremet, Les Capucins…) et les canons dirigés vers le front.

Par contre il faut débarrasser la mer des nombreuses mines, qui ont été mouillées au large des côtes.

Il est affecté alors au dragage des mines, d’abord entre Ouessant et Sein, puis dans le Pas de Calais de juillet à décembre 1919 (en a-t-il profité pour voir la tombe de son frère François à la nécropole nationale de Dunkerque ?).

 



Il revient ensuite à Brest pour diverses missions.

Il est promu maître le 1er avril 1918, puis premier maître le 1er juillet 1919.

Son fils Edouard naît le 25 septembre 1919. La photo ci-dessous a été prise quelques années plus tard.

Le carnet de moleskine ne contient plus rien après 1922, probablement parce que l’on est rentré dans une certaine routine et que les noms des escales ne font plus rêver.

 

En fait c’est dans les documents de la Chancellerie de la Légion d’Honneur, que l’on va retrouver les détails des années 1917 à 1932. 

A partir du 1er novembre 1917 il est embarqué sur différents avisos (anciennes canonnières). Cela dure jusqu’en 1922 avec une interruption  de deux années, qu’il passe au deuxième dépôt (ou à la maison?). Curieusement il va passer 20 jours à Toulon avant de rejoindre l’escadrille de dragage. C’est vers cette période, qu’il a cessé d’annoter le carnet.

Il est promu officier de 2ème classe des équipages le 17 juillet 1926,  puis officier de 1ère classe le 3 octobre 1931. Il commande en second sur plusieurs bâtiments. La photo le montre sur l’Aisne.

Hervé Le Bihan est à droite, le plus petit des deux officiers. A noter la différence d’uniforme : croisé avec cravate pour les officiers, une seule rangée de  boutons pour les officiers mariniers, alors qu’ils avaient deux rangées en 1916.

Ici encore il faut faire appel à la fiche, qui donne les états de service.

L’officier, qui a rédigé la fiche note en bas : « et continue »..

 

Le 20 décembre 1935 il prend le commandement du transport côtier « Coëtlogon », qui fait la navette entre Toulon et Bizerte.

Toussaint Cotard

j’ai reçu le message suivant d’Eric Cotard :


Je viens de tomber par hasard sur votre blog alors que je faisait des recherches sur mon arrière grand-père. Celui-ci était marin depuis 1891 en commençant, lui aussi, par l’école des mousses. Le hasard veut qu’il a également embarqué sur le Montcalm du 07/07/1912 au 10/03/1916 en tant que premier maître. J’essaye de reconstituer son parcours mais je n’ai que très peu d’informations sur la longue campagne du Montcalm qui l’a éloigné de sa famille durant 3 années.
Je serais donc très intéressé d’avoir une retranscription d’une partie du carnet de votre ancêtre sachant que j’ai pu reconstituer l’année 1914 à partir du site mémoire des hommes en consultant les journaux de bord…

C’est impressionnant de voir qu’ils sont parti plus de 3 années et j’imagine que cela a du être difficile pour les familles.

En consultant votre blog après vous avoir contacté, je me suis rendu compte que les parcours de nos deux ancêtres ont été assez proches malgré les 20 années de différences. En effet, mon arrière grand père Toussaint a fini officier de 1ère classe des équipages et il a commandé le Coetlogon de 1921 à 1923. Je n’ai d’ailleurs qu’une très mauvaise photo de ce transport récupéré sur Internet dans le fond Marius Bar.

Enfin, nous ancêtres ont dû se côtoyer tous les jours puisque Toussaint était premier maître timonier, donc vraisemblablement à la passerelle du Montcalm.

 

Cordialement

 

Eric COTARD



 


Toussaint Cotard, premier maître Timonier et Hervé le Bihan, signaleur, se sont donc croisés à bord du Montcalm, puis l’aîné a commandé aussi le Coëtlogon, 14 ans avant Hervé, seule commandement autorisé, semble-t-il, pour des officiers mariniers.

Il rentre à Brest le 31 décembre 1937, où il retrouve le centre de dragage.

Pourquoi, étant officier en activité, a-t-il demandé un passeport fin 1939 ? Où voulait-il donc aller ?

Il est promu officier principal des équipages le 14 avril 1940.

On note sur la manche le galon coupé, qui permettait de distinguer les officiers des équipages des « vrais », ceux qui ont fait Navale. Cette marque a heureusement disparu depuis et il y même d’anciens mousses, qui sont devenus amiraux, chose impossible auparavant, puisque le grade le plus élevé était pour les officiers des équipages le grade d’officier en chef avec 5 galons panachés. Il n’était pas question alors, qu’ils aillent plus loin.

Les médailles ont été conservées précieusement.

Comme Hervé Le Bihan a inondé ses supérieurs de rapports sur l’amélioration des moyens de dragage, il a reçu le Dragon de l’Annam ; son épouse en était très fière. Je pense, qu’il aurait préféré un galon de plus mais il était trop jeune (du moins c’estce, qu’il transpire d’une lettre de l’administration) .Les deux médailles de droite sont des médailles commémoratives de la Grande Guerre.

Dans une boite, au grenier, il y a un superbe bicorne. Faisait-il partie de la tenue n°1?

on trouve effectivement des photos de l’entre deux-guerres, dans lesquelles les officiers supérieurs portaient le bicorne.

Après 80 années dans sa boite il est comme neuf. Les épaulettes sont dans une boite spécifique ; elles sont également comme neuves, la ceinture bleu et or également. Seul le sabre a un peu vieilli.