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Grâce au travail de nettoyage réalisé par l’AVPR il est désormais possible de parcourir sur toute sa longueur la vallée des moulins, dans un sens ou dans l’autre, à différentes périodes de l’année. Cela permet de découvrir à chaque passage des aspects différents.

La dalle de la famille Balc’h

 En nettoyant le premier canal d’amenée l’AVPR a dégagé une pierre tombale. Celle de Rose Le Balc’h, veuve de Jacques Kescaven, décédée en 1884 à l’âge de 64 ans.

Rose Le Balc’h est décédée à Kerjean ; elle était la fille de François Le Balc’h et de Marie-Anne Derrien.

Le lien avec Alain Le Balc’h, qui est meunier à Keraguennec en 1846 avec sa femme Jeanne Stéphan, n’est pas évident. Ces derniers ont remplacé les Balanec, qui habitaient en 1841 la 3ème ferme de Keraguennec à côté des Penfrat-Baron et des Guéguéniat-Géval.

Lors du déplacement du cimetière de Roscanvel, qui était autrefois autour de l’église, certaines des dalles de schiste ont été récupérées. Dans les années 60 il y en avait plusieurs le long du ruisseau, comme s’il était envisagé de les réutiliser pour faire des ponts rudimentaires. Toutefois, sauf erreur, elles étaient plutôt en amont du petit pont de pierre. L’une d’entre elles a été déplacée et les autres ont disparu par la suite.

Le moulin amont ou le premier moulin « Balc’h »

 Première chose à faire: identifier les retenues d’eau. Celle du premier barrage parait bien faible, sauf si on considère, qu’elle remonte jusqu’au marais de Pont Creis. Cependant, au début de l’été, il n’y a déjà plus d’eau en provenance du marais.

Le canal d’amenée a été dégagé: il part vers la gauche du ruisseau pour arriver au dessus du moulin.

 

L’eau, quand il y en a, ne l’atteint plus, même si le canal d’amenée débouche juste au dessus du moulin. L’endroit est malheureusement en ruine et ne permet pas de distinguer grand chose.

Bien évidemment tous les engrenages en bois ont disparu. Selon Marcel Burel il serait question de remettre en état la meule.

Le canal d’évacuation donne directement dans le ruisseau.

Le nettoyage effectué par l’association AVPR a permis de dégager le chemin, qui mêne à la RD355 et surtout au second moulin, que nous avons appelé le moulin aval (moulin Balc’h n°2 sur le schéma de l’AVPR).

Le moulin aval

 

Le réservoir du moulin aval se situe en fait au niveau de l’ancienne route RD355, qui a peut-être été construite sur l’emplacement du barrage.

Habituellement c’est un vaste champ d’iris jaunes.

En 2018 la sécheresse a permis son nettoyage.

L’ancienne route est au fond.

Au nord du barrage il y a deux exutoires. Au sud on en a trois. Ils étaient secs en novembre 2018. Pourtant on trouvera de l’eau en abondance au niveau du moulin. La correspondance entre les entrées et les sorties n’est donc pas évidente.

 

Le canal d’amenée semblait être un chemin, qui mène juste au dessus du moulin, à droite sur la photo. En fait il doit s’agir du chemin emprunté par le meunier pour alimenter le moulin  en blé. Le moulin est également ruiné.

Quand on regarde de près, l’eau vient de plus haut.

Elle coule même en abondance alors, que c’était sec cet été.

Le débit est d’ailleurs bien plus important, que ne laisse supposer celui du ruisseau avant la RD355.

L’eau passe en partie sous le chemin avec une résurgence.

Avec le retour de la pluie la résurgence fonctionne à nouveau. Le même phénomène a été observé au début de l’année 2019 mais au courant de l’été il n’y avait plus d’eau du tout au niveau du moulin.

Le mystère de la fontaine

 

 

La fontaine est un peu à l’écart du ruisseau.

 

Au cœur de l’été 2018 le ruisseau était partiellement à sec. Pourtant au niveau de la fontaine il y avait un débit d’eau très important, comme si l’eau venait d’ailleurs. Le même phénomène a été observé en 2019.

Les pluies de l’automne ont rempli le ruisseau mais le débit de la fontaine ne semble pas en être affecté. Le niveau de l’eau est juste un peu plus haut, qu’en été.

Quelle peut être alors l’origine de l’eau, qui sort de la fontaine ?

En aval de la fontaine le chemin longe le ruisseau tout en étant un peu plus haut. Malgré cela il est souvent boueux et des rondins ont été posés pour faciliter le passage.

Ce passage à proximité de la fontaine est le plus délicat en hiver, quand les sols sont gorgés d’eau tout autour.

Au printemps 2018 c’était encore  impraticable mais l’été, qui a suivi, on passait sans difficultés.

Tout se passe comme s’il y avait des entrées d’eau venant de la colline au dessus et non pas seulement du ruisseau, qui passe à l’écart. Ce sont alors ces entrées d’eau, qui alimenteraient la fontaine.

Livilliers

Cela fait penser immédiatement à ce qui se passe à Livilliers, petite commune du Val d’Oise, à la limite du Vexin. La commune est située près de Pontoise, sur un terrain en pente légère. Les anciens parlaient d’une rivière souterraine, qui passerait sous les habitations. Cette rivière existe effectivement. Elle est visible grâce à un puits creusé dans l’une des caves ; son débit est relativement fort. D’où elle vient, mystère. Où va-t-elle ? Elle rejoint vraisemblablement l’Oise mais comment ? Un autre mystère. Rivière artificielle ou naturelle ?

Livilliers est située dans le Bassin Parisien, dépression, qui s’est comblée peu à peu avec des sédiments variés. On y trouve des couches de gypse, de craie et de sable.

Sans aller jusqu’à un système hydraulique de type karstique, il est probable, que l’eau s’est peu à peu frayée des passages souterrains.

Il est possible, que l’on ait un système similaire autour de la fontaine car on est ici aussi sur un filon calcaire. Il faudrait consulte le professeur Kaolin à la Maison des Minéraux.

Le moulin du diable

 

Quand on suit le ruisseau depuis le pont on rencontre à plusieurs endroits des rigoles plus ou moins bien dessinées, parfois larges, parfois étroites, sans,qu’elle aboutissent à un moulin ou à un réservoir. Il y a également un mur, qui barre la vallée. C’est peut être le vestige d’un réservoir abandonné.

Puis, après avoir quitté la fontaine, on rencontre un mur de barrage parfaitement conservé.

Au bout on voit encore l’emplacement de la vanne de barrage.

En continuant on constate la présence d’une rigole bien nette, qui longe le chemin.

Elle se retrouve enfin de l’autre côté du chemin, qui domine un dernier marais au fond duquel apparaissent les ruines d’une construction, Cette ruine est probablement ce qui reste du moulin « Morvan » ou Moulin  du diable

En 2018 la végétation a complètement recouvert les ruines. On ne voit plus rien.

Les maintenir dégagées sera une œuvre de longue haleine.

 

Pourtant sur un plan de 1780 décrivant la bataille de Camaret on retrouve bien le moulin du diable (10) Il existait donc déjà à la fin du 18ème siècle. Cependant cette carte est une copie « améliorée » d’une carte de 1694, sur laquelle le moulin n’est pas mentionné. On trouve tout au plus la mention de la batterie, qui défend l’accès à la grève du Quimpérou.

Est-ce la chapelle Sainte Catherine, qui est dessinée entre Kerraguennec et Mencaer ?

Les moulins après la pluie

Pendant l’été 2018 il y a fait relativement beau, ce qui a permis de parcourir la vallée des moulins sans se mouiller les pieds.

Fin Février 2019 il faisait à nouveau beau et sec mais après plusieurs semaines de fortes pluies d’après les voisins.

Dans quel état allait-on trouver la vallée des moulins ?

Le point de départ est désormais toujours le même : la Fraternité. On remonte alors la vallée vers l’amont. Le moulin Morvan est toujours sous les broussailles. Par contre on distingue encore le mur, qui supporte le chemin de la fontaine.

On passe le pont et on monte vers la droite pour rejoindre le chemin.

 Au niveau du barrage il y a un fort débit.

 

Puis on arrive à la fontaine ; le chemin est boueux et l’AVPR a posé des rondins. Pourtant le ruisseau est en contrebas du chemin et le terrain à droite du ruisseau est sec . Il faut noter les traces de fer.

La fontaine a un débit à peu près identique à celui, qu’elle avait pendant l’été 2018, comme si elle était alimentée à partir d’une source autonome et constante.

Il y a ensuite deux ruisseaux parallèles, le premier, le long du chemin, vient du moulin aval. A droite il y a un second ruisseau avec un très faible débit, qui est alimenté directement à partir du barrage situé de l’autre côté de la route RD355 ou plutôt de la route, qui l’a précédée.

En arrivant devant le moulin aval de l’eau sort en grande quantité de la terre ; c’est la résurgence

Il y a aussi beaucoup d’eau le long du moulin

Quand on traverse la RD355 on arrive au champ d’iris.

 

Ici aussi le sol est sec. L’eau coule vers la buse située à droite et va de là vers le moulin aval. La buse de gauche n’est pratiquement pas alimentée, ce qui explique le faible débit du ruisseau, qui ressort dans le coude de la RD355.

Le moulin amont a été nettoyé par L’AVPR, comme le reste du chemin d’ailleurs.

Le périple s’arrête, comme d’habitude au pont de pierres.