Version 5.4_page 02-21_mars 2024

Le document de l’AVPR intitulé « le chemin de l’eau » (Hent an Dour) recense la plupart des puits, lavoirs et fontaines de Roscanvel.

Trégoudan apparaît sous le numéro 25 : réserve ou lavoir. Cela est un peu pauvre, compte tenu de la taille du village.

Comme le village de Trégoudan est divisé en deux parties séparées par un pré commun appelé « le Prat », il était tentant de considérer chacune des deux entités mais ce n’est pas si simple.

Il a fallu découper autrement, puis regrouper les pages:

_ la page 02-21 traite des points d’eau du Prat et

_ la page 02-23 concerne les points d’eau situés sous le Pors, à la limite de l’étang de Kervian.

Rappel de l’analyse des sols

Le nettoyage récent du bas des parcelles E111 et E112 a permis de comprendre un peu mieux la situation.

La partie sud du Prat a toujours été très humide. De l’eau sourd en permanence au niveau du fossé sauf si on a un été très sec. La végétation pousse à une vitesse phénoménale puis les arbres finissent par basculer, comme si on se trouvait dans un marécage, mais s’étalant sur une pente relativement forte. Le passage de la tempête CIARAN fin 2023 a provoqué des chutes d’arbres spectaculaires, qu’il sera difficile de couper compte tenu de l’environnement.

L’analyse des sols à côté de la maison de Georgette (Ty Maurice Téphany) a révélé la présence d’une couche imperméable à 20cm environ de la surface du sol. L’eau de pluie ne peut pas s’infiltrer et descend vers le fossé, quand il y en a un, sinon elle traverse la route et s’infiltre un peu plus loin. Il faut se souvenir, que toute cette zone était appelée autrefois « Poulloupri ». C’était l’endroit, d’où l’on extrayait l’argile utilisée dans la construction des maisons et des crèches.

Le cadastre napoléonien

Sur le cadastre napoléonien le Prat porte le numéro 416 et s’étend des deux côtés de la route, qui mène à Roscanvel. Le sondage a été réalisé sur la parcelle 458, qui se trouve plus à droite.

On voit, que le dessinateur a indiqué en bleu la présence d’un point d’eau sur la parcelle 472. Il semble y avoir à mi-pente, un peu au dessus de la parcelle 471, un autre point d’eau, qui pourrait être une source.

Les parcelles 471, 472 et 475 sont souvent identifiées sous le nom de Parc ar Prat mais on trouve aussi Parc ar Feunteun. Le premier point bleu indique donc la présence d’une fontaine. Il restait à la trouver mais , ici encore, l’environnement change d’une année sur l’autre.

 L

Aujourd’hui les numéros ont changé, E111 a remplacé 471 et E112 a remplacé  472, mais la forme générale des parcelles a été respectée avec deux exceptions : ces deux parcelles vont désormais jusqu’à la route, qui a été redressée, et la commune a cédé à Mme Ollivier la partie haute du Prat, y compris probablement le second point d’eau pour ne conserver, que le bas (n°561). Il faut noter la forme bizarre de cette parcelle 561.

L’ensemble restait cependant à peu près inextricable, du moins jusqu’à l’an dernier.

Quelqu’un a nettoyé le bas des parcelles E111 et E112, ce qui a permis de découvrir beaucoup de choses (en fait je pensais que c’était l’un des membres de l’AVPR, qui serait intervenu mais ce n’est pas certain ).

Tout d’abord sur la parcelle E111 (qui nous appartient) il y a un espace rectangulaire avec une rigole d’évacuation mais sans réel conduit d’amenée de l’eau. 

En fait l’eau vient du fossé séparant E111 et E112, repérable par la pierre levée visible sur la photo suivante.

Sur la parcelle E112 il y a un abreuvoir en ciment.

On note aussi, qu’il y a un mur de soutènement, qui marquait probablement l’ancienne limite des parcelles 471 et 472. En passant ce mur on retrouve alors la fontaine du plan cadastral.

Il y a même un puits récent mais il doit être sec car il ne semble pas avoir été utilisé.

La parcelle a été rachetée par M. Pen de Lodoen, qui en entrepris une vaste opération de débroussaillage. 

Le lavoir du Prat

Le lavoir  se trouve tout en haut de la parcelle E561. Le terrain est en pente (une forte pente même) et le plus souvent gorgé d’eau, surtout à proximité du lavoir. Il était utilisé principalement par Georgette Jézéquel. Auparavant c’était sa mère et sa tante, Mme Guillamot. Les autres habitants du village ne l’utilisaient apparemment pas.

Aujourd’hui le lavoir est envahi par la végétation et à peu près inaccessible. Il est même possible, qu’il ne fasse plus partie du domaine communal. La photographie date de 2018; en 2019 le lavoir ne se distingue désormais plus.

En novembre 2021, à l’occasion d’une visite de Ty Forn (page11-15) avec des membres de l’AVPR, il a été question de reprendre l’opération en 2022 pour essayer de retrouver le lavoir et, si possible, la source figurant sur le cadastre napoléonien mais la remise en état du fort napoléon de cornouailles et celle du four à boulet de la Fraternité n’ont pas laissé assez de temps pour s’occuper des autres vestiges.

 

Il ne semble pas, qu’il y ait eu d’autres lavoirs, mis à part celui, que Thérèse Le Lann a fait construire dans les années 30 au bord de la Route de Quélern. Par manque d’eau il a été détruit et remplacé par le désormais classique lavoir en béton ; puis tous les lavoirs en béton ont finalement été supplantés par les machines à laver.

Les puits

II y avait au moins deux puits.

Le premier puits, situé contre la maison occupée par Georgette Jezequel (autrefois Ty Maurice Téphany_parcelle 457 du cadastre napoléonien ci-dessus), est souvent plein jusqu’à la margelle. Comme la margelle est située à 50cm au dessus du niveau du sol de la maison, cette dernière a toujours été très humide.

 Le second puits est situé à une vingtaine de mètres, en contrebas de la Route de Trégoudan mais derrière les deux maisons. Il est, à l’inverse du premier, toujours sec ou presque.  

Ce puits est très profond, environ 7 mètres mais il est sous la couche imperméable. Le peu d’eau, qu’il contient, vient finalement de la collecte des eaux pluviales venant des toits de nos pentys.

Ces deux puits se caractérisent par la présence d’une pierre plate à l’endroit, où on puisait l’eau, afin de diminuer l’effort à fournir pour remonter le seau plein d’eau. La photographie ci-dessous représente le puits du 32, qui a été rehaussé pour des raisons de sécurité. La pierre plate est sur la gauche de la photographie précédente avec en dessous l’arrivée des eaux de pluie..

D’autres puits ont été construits au cours du 20ème siècle. 

Celui de la famille Le Guern est à moitié vide, étant lui aussi à l’écart d’une veine. Il ne faut pas oublier que les constructions réalisées route de l’Iroise ont modifié l’écoulement des eaux d’infiltration.

La fontaine du Prat après la pluie

 Pendant l’été 2018 il y a fait relativement beau, ce qui a permis de parcourir la parcelle E111 et de découvrir la fontaine située tout en bas, près du Prat.

Fin Février 2019 il faisait à nouveau beau et sec mais après plusieurs semaines de fortes pluies d’après les voisins.

Dans quel état allait-on trouver la fontaine ?

 En fait elle était pleine d’eau

L’eau semble arriver partiellement par le fossé, qui sépare les parcelles E111 et E112 mais ce n’est pas la seule entrée. Elle peut venir aussi du terrain situé en haut. Pourtant une arrivée par ruissellement en surface paraît peu probable car le sol était relativement sec autour de la fontaine.

La sortie est moins bien délimitée et l’eau disparaît rapidement avant d’atteindre le fossé du Prat. Le débit de sortie semble cependant très supérieur aux entrées. Il y a bien infiltration de l’eau de pluie jusqu’à la couche d’argile imperméable avec une sortie au niveau de la fontaine.

En 2023 la zone était à peu près inextricable

A la fin des années 40 c’était encore la seule fontaine du village.

 La fontaine de la parcelle E112

 Sur la parcelle E112 voisine la situation est identique.

 

L’eau s’écoule ensuite largement; le canal de sortie ayant disparu, l’eau reste en surface.

Retour sur la parcelle E111 en novembre 2022

Ce n’est pas si simple car à la fin de l’été 2022 il n’y avait toujours pas d’eau malgré une succession de journées très pluvieuses.

Pourtant dans les feuilles il y a avait:

Si, vous avez bien vu. Il y avait une salamandre (ar sord en breton, parfois écrit aussi ar sourd). Elle est bien reconnaissable à sa livrée jaune et noire 

Elle n’a pas attendu et elle a vite disparu sous les feuilles. 

Il faut rebaptiser la parcelle et l’appeler désormais « Parc ar sord » même s’il y a peu de chances de la revoir un jour.

La présence de cette salamandre, animal protégé, et le souci de respecter les autres espèces vivant sur la parcelle E111 ou aux alentours nous contraints à réduire nos ambitions; il est probable même que les travaux prévus sur la parcelle ne soient jamais réalisés.

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