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 Cette page doit être mise à jour périodiquement en exploitant les généalogies mises en ligne par Louise Di Filippo.

La famille de Marie Clémentine Bancod est originaire du Val d’Aoste, région autonome, qui parlait autrefois le franco-provençal (arpitan) , comme en Savoie, langue qui se parlait jusque dans la région lyonnaise mais avec de nombreux dialectes locaux (voir plus loin).

Marie Clémentine avait deux sœurs : Marie Faustine Pélagie Bancod et Marie Bancod. Cette dernière, prénommée aussi Louisa dans la famille, a épousé Joseph Marie Le Bihan, originaire de Belle Ile en Terre;  la famille Saclé achetait le charbon chez son fils. 

Il y avait aussi un frère : Gaspard Evariste Bancod, né le 12 février 1882 à Saint Denis, l’arrière grand-père de Louise Di Filippo.

Il y a peu d’informations sur Généanet concernant la famille BANCOD. Dans la très grande majorité des cas on ne remonte pas au-delà de 1800, ce qui ne permet pas de remplir des grilles de manière satisfaisante. Même en se limitant à la génération 6, on ne remplit pas complètement cette première grille.

Cela montre bien les limites du système : pour remonter dans les ascendants il faut, que les informations nécessaires soient disponibles et acessibles mais il faut aussi que cela intéresse des généalogistes. 

C’est plus facile, quand on est en présence de familles nombreuses, mais ce n’est pas suffisant. On l’a déjà vu dans la recherche des ascendants SACLE.

La Grille 36 de Marie Clémentine Bancod

La grille ci-dessous a été mise à jour pour intégrer les dernières informations collectées par Louise Di Filippo.

Certains généalogistes ont trouvé d’autres parents pour Marie Rose Lugon : Gaspard Lugon et Marie Victorine Bertin. Qui a raison ?

Cela a déjà été constaté en Bretagne la fréquence de prénoms comme « Marie » peut induire facilement à se tromper de famille.

Marie Clémentine est née à Aoste

Si on met à part la première Marie Clémentine, née en 1879 peu avant le marriage de ses parents et décédée très tôt, on a dans l’ordre :

Gaspard Evariste Bancod, né le 12 février 1882 à Saint Denis

Marie Clémentine est née le 17 février 1886 à Aoste

Marie Faustine est née le 15 février 1888 à Chambave (Aoste)

Marie (« Louisa ») est née le 22 mai 1889 à Paris 14ème.

Louise Di Filippo a retrouvé l’acte de naissance de Marie Clémentine.

On  voit immédiatement que le texte de l’acte de naissance est en français et qu’il utilise huitante au lieu de quatre vingt. On voit ussi que le seul prénom du père figurant sur l’acte est le dernier : Clément, comme on l’a vu précédemment avec Auguste Laé. Pour sa mère c’est le second. 

Le nom de la place a changé. Cest désormais Place Emile Chanoux mais il y a toujours l’hôtel de ville.

Clément Bancod est boucher. Rien n’indique à quoi correspond exactement le numéro « civique ».

Cette naissance à Aoste ne doit pas faire oulbier que la famille Bancod vient de Chambave, commune située un peu plus loin dans la vallée avec un peu moins de 1000 habitants .

Le père, Grat(ien) Victor Clément Bancod y est né le 9 septembre 1850. Il a épousé Marie Rose Letey à Saint Denis le 20 décembre 1879. Il est décédé le 14 septembre 1925 à Aubervilliers, probablement chez son gendre. Parmi les témoins lors du mariage il y a un certain Gaspard Bancod, né en 1853. Plusieurs membres de la famille ont donc émigré vers la même période.

Le grand père, Jean Grat Bancod est né vers 1911. Par contre il n’y a rien concernant Magdeleine Gaillard.

Les mystères de la famille Bancod

Grat Victor Clement Bancod et Marie Rose Mélanie Letey (Létey?) se sont mariés à Saint Denis le 20 décembre 1879; ce jour là ils ont légitimé Marie Clementine, née à Chambave le 24 septembre 1879. Elle a donc à peine  3 mois.

Pourtant Mémé Saclé était formelle; Elle est née à Aoste le 17 février 1886 à Aoste. Qu’est devenue la première Marie Clémentine?

Gaspard Evariste est né à Saint-Denis en 1882; l’adresse des parents est 187 Avenue de Paris; l’immeuble n’existe pas encore en 1881; en effet le recensement s’arrête au numéro 176. En 1886 l’immeuble abrite 35 familles mais les Bancod n’y sont plus, puisqu’on va les retrouver à Aoste en février 1886.

Mémé Saclé disait, qu’elle n’est arrivée en France, qu’à l’âge de 8 ans. Chez qui était-elle jusque là? Ses parents sont-ils revenus après la naissance de Gaspard Evariste et restés quelques années à Chambave, où est née Marie Faustine Pélagie en 1888.

Par contre l’année suivante ils sont à Paris 14ème, où nait Marie Louisa. 

Puis ils vont habiter Aubervilliers mais sans Marie Clémentine ni Pélagie. Où sont-elles donc restées toutes les deux? chez des Bancod? des cousins Létey?

Mystère, mystère.

Le décès brutal de Danièle Saclé, qui nous a profodément marqués car elle avait notre âge, ne permet plus de lever ce mystère.

Chambave est une commune qui comptait cependant une centaine de patronymes différents. Or Louise Di Filippo a retrouvé 6 familles différentes portant le patronyme BANCOD. Comme les informations accessibles ne remontent pas au delà de 1800 il est difficile de s’aventurer. On peut néanmoins supposer sans grand risque qu’il s’agit d’une seule famille, qui a éclaté comme on a les Carn, les Goascoz ou les Penfrat à Roscanvel.

Pour mémoire les habitants du Val d’Aoste parlaient le franco-provençal (ARPITAN), langue qui allait des cantons suisses jusqu’à la région de Saint Etienne

La famille Letey (Létey ?)

Elle aussi existe toujours à Allein, autre village du Val d’Aoste, situé sur la route du Grand Saint Bernard et comptant moins de 300 habitants.

Marie Rose y est née le 3 mars 1859.

On trouve sur Généanet d’autres Letey, mais le lien entre les branches n’est pas évident. Il y en a bien une, qui est surement très proche, car elle est basée à Doues, village de 500 habitants, qui jouxte Allein. Par contre il manque environ 50 ans pour conclure.

Ci-dessous une vue du village de Doues.

Sur la carte sont représentés les villages de Chambave et d’Allein. Si le premier est dans la vallée principale entre Saint Vincent et Aoste, le second se trouve lui sur la route du Grand Saint Bernard. On n’est pas loin de Tignes ni de Bourg Saint Maurice; entre les deux il y a le massif du Ruitor, où nous avons skié il y a de nombreuses années.

En principe les archives d’état civil sont accessibles, mais il faut trouver le point d’entrée (en italien). Pour celles, qui ne sont pas en ligne, il faut aller sur place.

Le fait de ne rien avoir avant 1800 est frustrant.

Quand sont-ils arrivés en France ?

Marie Rose Letey est née le 3 mars 1859 à Allein. Ses parents sont décédés en 1864 et 1868. Elle a probablement été élevée par de proches parents, qui ont émigré en France dans les années, qui ont suivi. En effet un conseil de famille s’est tenu à Saint Denis le 1er août 1879, afin de l’autoriser à se marier.

En 1879 elle habite Saint Denis, Avenue de Paris au n° 17, que l’on ne doit pas confondre avec la rue de Paris, qui est au cœur de la commune, alors, que l’Avenue est son prolongement en direction de Paris. 

« Grat Victor » Clement Bancod habite lui Rue du Landy, également au n° 17.

Il n’existe pas de recensement antérieur à 1881 et rien ne dit, que les numéros portés sur le registre correspondent exactement aux numéros des immeubles (cela a déjà été le cas pour les adresses à Brest et à Lambézellec). Le recensement de 1881 ne permet pas de retrouver des patronymes susceptible de se raccrocher à la famille Létey. Ils ont peut-être déménagé depuis 1879.

Lors de son mariage Grat Victor Clément est donné comme italien ; l’acte ne dit rien de la nationalité de Marie Rose. Pas de traces dans le registre de Saint Denis, qui est essentiellement consacré aux alsaciens-mosellans, réintégrés sur leur demande dans la nationalité française après la guerre de 1870.

 Selon l’acte de l’état civil Jean Grat Bancod est décédé à Chambave en 1901.

Au fait comment s’est fait le voyage du Val d’Aoste vers la région parisienne?

En passant par le col du Petit Saint Bernard ?

En descendant prendre le train à Turin?

En passant par la Suisse ?

En 1879 le train arrivait tout juste à Albertville et le tunnel, qui devait relier la Tarantaise à la vallée d’Aoste était encore dans les cartons; il ne sera d’ailleurs jamais construit, la ligne s’arrêtant finalement à Bourg Saint Maurice.

Prendre le tunnel du Mont Cenis, qui avait été terminé quelques années plus tôt, obligeait d’aller à Turin.

C’était aussi simple de passer le col, à condition de le faire avant l’arrivée de la neige.

En effet le col est fermé de novembre à mai (mais c’est très variable selon l’enneigement).

De la difficulté de lire les actes d’état civil

Dans l’acte de mariage du 20 décembre 1879, il est noté que le futur époux, de nationalisé italienne et majeur, est dispensé de produire les actes de décès de ses parents et leur consentement. Mais les dates de leurs décès ne sont pas mentionnées, contrairement à ce qui se fait habituellement . Il faut peut être lire que sa qualité d’italien, donc d’étranger et majeur le dispense des formalités usuelles (consentement ou acte de décès des parents), comme cela a fort justement été le cas pour Marie Rose Letey, qui a apporté les certificats de décès de ses parents. Par contre cela ne veut pas dire ses parents sont décédés. On les retrouve d’ailleurs à Chambave en 1901. 

Parmi les témoins, il y a un certain Gaspard Bancod, présenté comme beau-frère de l’époux, âgé de 27 ans (donc né vers 1852). Il n’ y a pas de trace d’un Gaspard Bancod à l’exception du cousin né en 1857 En effet on trouve un autre Jean Grat Bancod, né vers 1823 et décédé le 17 mars 1864 à Chambave, époux de Célestine Bancod. Ils ont eu deux enfants : Gaspard, né vers 1857, et Marie Rose, née le 9 août 1857 à Chambave.

Il y a donc un risque de confusion entre les individus Jean Grat, fils de Jean Baptiste et Jean Grat, fils de Jean Léonard même s’il est très probable que tous les Bancod soient issus d’une même famille. Le choix des prénoms doit être le même qu’ailleurs : parents, grands parents ou parrain/marraine. Ensuite il y a le prénom usuel qui va éventuellement permettre de différencier les individus.

Marie Rose émigre aussi et tout le monde se retrouve dans la région parisienne, notamment à Saint Denis et à Aubervilliers, où son mari, Pacifique Constantin Grivon, encore un valdôtain, est coiffeur !

Coïncidence ou simple reprise de magasin 

Il faudrait creuser la filière Grivon -> Perini -> Saclé