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Trois actes nous sont parvenus. Jean Laé est qualifié selon le cas de cultivateur, marin pécheur ou constructeur de bateaux.

 

Fleur de mai

 

En 1907 Jean Laé et Pierre Herjean s’associent pour exploiter le bateau de pèche nommé « fleur de mai », appartenant à Jean Laé et évalué valoir 5500F.

Jean Laé aura la part du bateau, selon la coutume du pays ; le surplus ira à Pierre Herjean et ceci jusqu’au paiement des 5500F. Ensuite le bateau appartiendra pour moitié aux deux exploitants.

Joseph

 

En 1908 Jean Laé vend à Bernard Boezennec le langoustier « Joseph » ; en fait ils s’associent l’exploiter et M. Boezennec sera propriétaire de la moitié du bateau quand il aura remboursé les 5500F.

Ici il est précisé que le remboursement se fera par le biais des deux parts du bateau, chaque homme d’équipage aura une part et le mousse ¾.

S’agit-il du bateau construit en 1903 par Auguste Laé pour M. Le Théo?

Très probablement.

 

Le Joseph figure sur les cartes postales du chantier; retour à la case départ pour ce bateau, qui servira de cabine de bains pour les jeunes filles de Trégoudan dans les années 30.

Il figure aussi sur la photo ci-dessous prise vers 1937 avec Fernand Le Tocquet et Maurice Gau.

 

Massaka

 

En 1909 c’est avec Germain Kermarrec de Kerloc’h que Jean Laé s’associe pour exploiter le bateau « Massaka », acheté à Douarnenez et évalué à 4400F, dont 3300F pour le prix d’achat et 1100F pour sa remise en état. Ici encore Germain Kermarrec sera propriétaire de la moitié du bateau après remboursement des 4400F.

Germain Kermarrec doit être un parent de Jean Marie Kermarrec, qui depuis 1900 loue la petite ferme de Kerloc’h à Véronique Quélen, la belle mère de Jean Laé.

Il est probable que les deux autres associés habitent également Kerloc’h, mais le texte des premiers actes n’est pas très lisible.

Il n’y a aucune information sur la durée des associations.

 

Le prix des bateaux : 4400 et  5500F parait élevé. Dans un article des annales de Bretagne datant de 1936 il est écrit qu’avant la grande guerre un thonier (de type dundee) valait entre 12000 et 14000F, pour une jauge de 50 tonneaux. Si les proportions peuvent être respectées cela donnerait des bateaux de 20 tonneaux.

Il s’agit vraisemblablement de bateaux de type « Casoar », peut-être un peu plus petits, si les pécheurs rentrent tous les soirs à Kerloc’h.

Le prix des bateaux est aussi à mettre en face de ceux de la ferme de Rigonou, payée 6400F en 1854 ou même de la maison Ty Bian achetée 6000F en 1870 , avec quelques terres, sachant que les prix sont restés stables jusqu’en 1914.

Le remboursement se fait par le biais de la part du bateau, mais on ne sait pas combien il y a de parts en tout. A Douarnenez, sur les thoniers, il y a 12 parts, mais avec 6 hommes d’équipage, dont le patron, et un mousse. Pour un bateau plus petit il est probable qu’il n’y aura que deux hommes et un mousse.

 

Auguste Laé a construit le Joseph. A-t-il aussi construit Fleur de Mai ? La solution est probablement dans les registres conservés par le Service Historique de la Défense à Brest.