Version 5.0_page 14-21_avril 2020

D’où sont originaires les Keraudren ?

Le père de Marie Anne Keraudren , Joseph Keraudren, est né dans le village de Trébéron. C’est un village important situé au dessus de l’Aber, où on retrouve beaucoup de Keraudren, y compris dans les villages voisins : Kerastrobel et Trélannec, de part et d’autre de la route de Tal ar Groas à l’Aber..

Au début du 19ème siècle c’est un gros village d’une quinzaine de maisons, à côté du manoir de Trébéron, qu’occupaient autrefois des membres de la famille Goulhezre.

Pourtant, en remontant les générations, on se retrouve à Penfeunten.

Où est situé Penfeunteun ?

Au début du 18ème siècle les Keraudren habitent le village de Penfeunteun, qui était situé entre le village de Penfrat et celui de Lannilien

Aujourd’hui il a complètement disparu, comme le montre le cadastre actuel. Il se trouvait sous les parcelles AP48 et AP50.

Il se trouvait sur l’un des bords du Yeun, le marais, qui s’étend entre Penfrat et Lannilien et se déverse dans l’étang de Kerloc’h au niveau de Keranguyader. De l’autre côté il y a Penaryeun, que l’on retrouve souvent dans les actes, mais qui ne compte également que quelques maisons.

Toute cette zone entre Penfrat et l’étang de Kerloc’h a porté un moment le nom de Flotcoulm, comme le montre la liste des quartiers de Crozon de 1856, où on retrouve également Trémet. Les deux sections devaient comprendre tous les villages de Kerloc’h à Persuel, en passant par Rigonou et Lambézen.

Ce nom, qui n’était plus utilisé, que pour différencier le village de Penfrat, d’un autre Penfrat de la commune de Crozon, a finalement été abandonné, quand les villages ont été rattachés à Camaret.

Penfeunten figure encore sur la carte dressée lors de l’annexion par Camaret en 1908 des villages situés entre Rigonou et Kerloc’h.

Les habitants au cours du 19ème siècle

Selon le cadastre napoléonien, il n’y avait qu’une seule ferme en 1831, avec un four et plusieurs crèches, donnant sur un vaste pré. Il y a effectivement une fontaine à proximité, qui peut justifier son nom (point bleu en bas à gauche de l’extrait du cadastre).

D’après le dénombrement des populations il y a trois familles en 1841 : Pierre Mérour, époux de Marie Françoise Le Garrec, Jeanne Ely, veuve Le Garrec, et Joseph Le Garrec, en tout 13 personnes. En 1856 il y a toujours 3 foyers et 11 individus; deux des habitantes sont qualifiées de mendiantes. En 1866 il n’y a plus que 7 personnes entre deux foyers.

En 1876 il y a à nouveaux trois foyers et 18 habitants : Le Guen, Kergroac’h et Kerdreux. D’une manière générale ce sont des gens plus âgés.

En 1881 il ne reste plus qu’un foyer, mais Marie Françoise Garrec, née vers 1803 et fille de Marie Claude Téphany, est toujours là, alors qu’elle n’habitait plus le village en 1876. Elle y décédera le 21 novembre 1884. Le village sera alors abandonné.

La présence du village sur la carte de 1908 est probablement le résultat d’une recopie d’un plan plus ancien.

Au début du 18ème siècle.

Si on reste sur la base de 2 ou 3 logements dans le village, il est difficile de retrouver tous ses habitants dans les BMS.

On va trouver des Théphany et des Derrien, mais que l’on retrouve également à Penfrat et à Lannilien, où il y a aussi vers le début du 18ème des Herjean et des Postic.

Pour mémoire à côté de Penfrat, vers le château d’eau, se cache le village de Keraudren; où habitaient des Keraudren, comme il y a des Menesguen dans le village de Ménesguen…

La grille ci-dessous permet de suivre l’une des familles depuis Gabriel Derrien et Marguerite Téphany, décédés au début du siècle, jusqu’à d’autres filles « Téphany », nées vers 1770, mais d’une autre branche « Téphany ». Il n’y a pas de lien évident entre Hervé et Gabriel Derrien, ni entre Marie Françoise Garrec, dernière habitante du village, et Michel Garrec. Il n’y a pas de lien non plus avec les Keraudren.

Il reste à trouver le lien avec les Mérour, Le Garrec ou Ely. Il reste surtout à retrouver Joseph Keraudren.



Kerizac, le village fantôme

Dans un de ses ouvrages Marcel Burel parlait de Kerizac, village, qui se serait situé vers Pont Creis, au milieu de la commune.

Il apparaît effectivement dans une liste de parcelles sans plus d’informations.

L’examen du cadastre napoléonien ne fait pas ressortir de traces de Kerizac (Kerizoc?). Pourtant on devrait retrouver des parcelles de taille réduite, témoins de l’emplacement des anciennes habitations, comme on l’a vu pour Trémet. De même dans l’état des sections devrait-on trouver des parcelles appelées « Liors ». Il n’en est rien. Il a donc disparu. Mais alors, pourquoi le retrouve-ton dans une liste de parcelles?

L’examen des dénombrements

La mise en ligne des dénombrements du début du 20ème siècle vient semer un peu plus la perturbation. En effet dans le dénombrement de 1931 on voit apparaître le village de Kerizoc avec 4 logements :

Il y a Marie Jeanne Pipot mais ce n’est pas la belle-mère de Louise Le Lann. Par ailleurs il ne semble pas y avoir de Pipot à Crozon autour de 1879. On est en 1926.

On voit surtout la présence d’Angélique Balch, née en 1864.

En 1921 Angélique Balch habite avec son fils Pierre-Louis. Il y a bien les Boguen ; par contre on trouve aussi le couple Kerinec et Marie Kersaudy.

Par contre en 1911 (il n’y a pas eu de dénombrement en 1916) le village Kerizoc a disparu ; on trouve à sa place Keruzou et la plupart des habitants sont différents. Angélique Balch se retrouve cependant chez les Capitaine , où elle est qualifiée de pensionnaire. La famille Capitaine semble être différente de la nôtre mais ce n’est pas si simple car on trouve peu d’informations sur cette famille.

1911 c’est aussi l’année, où les épouses ont perdu leur nom de famille.

En 1901 on la retrouve sous son nom de jeune fille : Congard. Elle est avec son fils. Il y a aussi une autre Angélique Congard, sa grand-mère, que l’on va retrouver en 1841.

Il n’y a plus, que deux logements occupés.

En 1841 il y a beaucoup plus d’habitants et ce sont tous des membres de la famille Congard ; ils sont répartis sur 3 logements.

Sur le cadastre napoléonien de 1831 le village de Keruzou se trouve entre Trévarguen et le Disloup, ce qui explique pourquoi dans les dénombrements on va le trouver tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Pontscorff et le bourg de Roscanvel ne sont pas loin non plus.

Il y a 2 maisons, qui se font face. Il y a un four, qui a très bien pu loger Jean Congard.

En 1831 les propriétaires des maisons sont bien des Congard :

Henri a celle, qui porte le numéro 1762 ; Jean a la maison 1768 ; ils ont ensemble la maison à four 1767. Par contre François Congard habite Kermorvan en 1831. Ce sont 3 frères.

Aujourd’hui Keruzou est riche en maisons secondaires mais on retrouve bien les maisons de 1831 de part et d’autre du chemin de la petite fontaine.

Il reste bien 3 habitations sur les parcelles 27, 29 et 30 ; par contre la plupart des constructions annexes ont disparu.

La maison d’Yves Le Lann a disparu

Pour aller au centre équestre de Roscan il faut passer par le village de Keravres. Or Yves Le Lann « père » y a habité. Mais où se trouvait sa maison dans un village, qui ne comptait que deux habitations en 1841?

La mise en ligne de l’état des sections de Roscanvel et la comparaison avec le cadastre de 1830 donne la solution : les biens d’Yves Le Lann sont en jaune clair. Il habitait la maison située sur la parcelle 281. La maison voisine appartenait alors à Alain Stéphan de Lanvernazal (SOSA 108 car son père, également prénommé Alain, est décédé avant la révolution)

Comme dans les autres villages les parcelles autour des deux maisons appartiennent à des personnes d’autres villages. Il y a le notaire Fessel (?) de Saint Renan, Jean Danielou de Kervéguen (donc assez loin de Roscanvel) et surtout Jean Jaffré de Kerguinou, un voisin très riche car on le retrouve à Kerellot, Quélern et Trégoudan (entre autres). Il y a aussi plusieurs Goascoz.

Les noms des parcelles sont rarement donnés. Il y a bien Liors éost mais pas de four. Par contre il y a une forge (Liors ar c’hoel).

Aujourd’hui les deux maisons ont disparu et d’autres ont été construites à côté. Certaines parcelles ont été regroupées, d’autres non (285 et 286 notamment) mais la plupart des constructions annexes ont également disparu. Il reste une forge en ruine sur la parcelle 496.

La végétation ne permet pas de la voir.

Liors nevez a retrouvé sa taille d’origine, le remembrement est passé par là.

Un point à souligner : la maison d’Alain Stéphan a également disparu.

Et une remarque : Alain Stéphan (SOSA108) et Yves Le Lann (SOSA96) sont tous les deux des ascendants de Pierre Le Lann (SOSA6), le père d’Émilienne.