Version 5.0_Page 40-31_ mai 2020

 Les limites de l’étude

 

A fin janvier 2017 près de 1200 ancêtres ont été identifiés. Ce sera probablement l’ordre de grandeur de ce qu’il est possible d’atteindre dans notre cas. On est loin des dizaines de milliers annoncés par certains internautes, mais il n’y a rien à faire.

Il en manquera toujours les 6%,  qui correspondent aux ascendants inconnus de Prosper Le Bihan et d’Edouard Emilian.

Ensuite les documents disponibles sont de plus en plus succincts au fur et à mesure, que l’on remonte dans le temps. Parfois dans les baptêmes ne figurent, que le nom du père  le nom du père et celui du couple parrain-marraine. Pour les décès le nom de la mère est rarement indiqué. Le nom des villages est mentionné dans la très grande majorité des cas, mais pas toujours.

L’ordonnance de Villers Cotterêt a mis du temps à s’imposer, surtout dans le Léon, où on trouve des transcriptions en Latin particulièrement savoureuses, mais, qui ont conduit à des déformations des noms, quelles deviennent  permanentes ou non.

Enfin il y a quelques restes de transcriptions en breton avec Marzin pour Martin ; certaines semblent acquises, d’autres provisoires.

Il y a une différence subtile entre deux prénoms associés, comme Jean Marie, et deux prénoms successifs : Jean comme premier prénom et Marie comme second prénom ; ce dernier apparaissant dans certains actes et pas d’autres. De plus les parents avaient souvent prénommé un de leurs nombreux enfants Jean et un autre Jean Marie.

Enfin il y a tous les homonymes, qui viennent polluer l’enquête. Par exemple il y a plusieurs Marie Marchand entre Combrit et Loctudy, ce qui conduit à des anomalies dans les filiations, surtout quand le fils a le même prénom, que son père, ce qui arrive souvent, ou la fille celui de sa mère, ce qui est plus rare.

Le problème de l’article « le » perturbe encore un peu plus la recherche des ascendants. Pour un même individu cela varie selon les actes. Cela peut aussi changer d’une génération à l’autre. L’article disparaît, puis revient. Il est même parfois incorporé dans le nom : Ar Floc’h devient Refloc’h pour certains, Le Floc’h pour d’autres. L’Hélias se transforme en Lilès…

Les cousins

 

Si à fin janvier 2017 près de 1200 ancêtres ont été identifiés, les mariages entre cousins réduisent ce nombre à seulement 1020 individus différents à partir de la 4ème génération, sous réserve de quelques doublons qui auraient été oubliés. Cela ampute déjà de 15% le nombre des ascendants !

Le phénomène d’implexe est localisé essentiellement à Kerloc’h, quand on retrouve les 3 sœurs Téphany. En remontant dans le temps cela touche d’autres branches et au niveau de la 10ème génération on trouve plusieurs ascendants cités 5 fois et Yves Le Guen apparaît même 6 fois. C’est ce qui explique l’écart important signalé ci-dessus.

Si le phénomène d’implexe parait limité aux ancêtres ayant habité la zone autour de Kerloc’h,  il est probable que l’on va retrouver le même phénomène à Roscanvel, autour de Telgruc ou dans le Bas Léon, vers Bourg Blanc, mais on sort rapidement de la zone documentée accessible sur INTERNET. Par exemple il n’a pas été possible de dénouer pour le moment les nœuds « Carn », « Thépault » ou « Goascoz » sur Roscanvel. Or il y a déjà 25 Carn identifiés sur 4 générations seulement. Il n’y avait certainement, qu’une seule famille Carn à Roscanvel, peut-être 2 ou 3, mais pas 5 ou 6.

Le problème des paroisses démantelées

 

Si le transfert de villages d’une commune à l’autre ne pose pas trop de difficultés, il en est tout autre pour les démantèlements survenus avant la Révolution. Cela concerne surtout le Pays Bigouden avec la disparition de Beuzec Cap Caval et celle de Plonivel. Selon certains internautes les individus sont répertoriés sous le nom de l’ancienne paroisse,  pour d’autre c’est la nouvelle. Parfois des homonymes vont se croiser. Il en est de même dans le Léon, mais il s’agit généralement de partages plus simples.

En ce qui concerne Crozon, les démantèlements ont eu lieu au 19ème et au 20ème siècles ; la traçabilité est assurée.

 

Les villages disparus

 

Trémet a été enfoui sous les lignes construites entre 1694 et 1776. Les travaux ont été interrompus à plusieurs reprises, faute d’argent, pour être terminés au moment de la guerre d’indépendance des Etats Unis.

 Il est probable cependant , que les maisons situées actuellement à Quélern en Haut aient fait partie autrefois de Trémet, car sur l’une d’entre elles il y a une pierre datée de 1623. Sinon où serait situé le Manoir de Trémet encore habité au milieu du 18ème ?

Retrouver le village de Penfeunteun, près de l’école de Kerloc’h a été difficile, puis, tout à coup, le NET a livré plusieurs documents, qui en font état.

En fin de quel village de Trébéron s’agit-il, quand on recherche les ancêtres de Marie Anne Kéraudren ? Celui, qui est vers la plage de l’ABER ? l’ile Trébéron en baie de Roscanvel ou un hameau appelé Trébéron, qui aurait pu se situer entre Rostellec et Saint Fiacre, qui aurait disparu comme Penfeunteun ?

Parlons pourcentages

 

Le taux de découverte descend très rapidement après la 7ème génération. Il manque déjà les branches correspondant aux parents de Prosper Le Bihan et d’Edouard Emilian (6% des ascendants quand même !).

 

A la 10ème génération il n’y a que 50% des ascendants, qui ont été identifiés. A  la 11èmegénération on tombe à moins de 25% et le ratio descend en dessous de 2% à la 13èmegénération.

Les informations disponibles deviennent alors trop fragmentaires pour pouvoir en tirer des conclusions pertinentes.

Si on regarde seulement le nombre d’individus identifiés par génération, il apparaît ici aussi que la 10ème génération est la charnière. Il y en a déjà un peu moins pour la 11ème et au-delà cela chute rapidement.

Ils sont originaires de …

 

Si les lieux de naissance des ascendants des générations les plus récentes sont connus, cela devient plus problématique dès la 6ème génération, même si l’on peut faire des suppositions. De plus avec les cousins, quel nombre faut-il prendre ? Les individus ou les numéros SOSA ?

Il y a en gros 4 zones: la presqu’île de Crozon, les communes situées autour du Menez Hom, le pays Bigouden et le Léon, avec à part les gens nés à Roscanvel mais, qui sont également comptés dans Crozon 

Le tableau ci-dessous a été dressé en partant des individus de la liste SOSA. En enlevant les cousins le taux des individus originaires de la presqu’ile de Crozon descend de 2% pour les 6ème et 7ème générations. Au-delà le faible nombre d’individus et l’absence d’information rend le calcul sans intérêt.

En remontant dans le temps on va rencontrer de plus en plus de gens du Pays Bigouden (près de la moitié des ascendants de Pierre Le Lann), du Léon (une bonne partie de la famille Capitaine, les familles Péran et Potin) et du Menez Hom avec Dinéault et Saint Nic (encore la famille Capitaine, mais aussi les Jouin).  Tous ces apports, sauf les Potin et la moitié des Péran,  sont venus grossir la population de Roscanvel, plus que celle des autres communes de la presqu’ile de Crozon. Pour mémoire la mère de Jeanne Péran est de Telgruc.

Curieusement il n’y a personne de Camaret, sauf, si on peut faire un lien avec les Téphany de Kerbonn.

 

La dernière colonne prend en compte les gens originaires de Roscanvel dans son périmètre d’origine, donc sans Trégoudan ; elle montre bien cette évolution.

La proportion importante d’ancêtres originaires de  la commune de Roscanvel (de l’ordre de 30% avec les réserves faites) interpelle. Si ce taux est resté du même ordre de grandeur au fil des générations, cela veut dire que le nombre de nos ancêtres vivant à Roscanvel vers le début du 17ème siècle serait du même ordre de grandeur que celui de la population dans son ensemble. Il y a donc beaucoup plus de liens, que ceux, qui ont été formellement identifiés.

Par différence, la  proportion de gens originaires des autres communes de la presqu’ile de Crozon a tendance à diminuer, malgré les apports réguliers venant de Dinéault ou de Saint Nic.

Enfin il y a beaucoup de gens, qui ont quitté Telgruc, Argol ou Landévennec pour se retrouver à Roscanvel sans faire étape à Crozon, mais Il faut cependant rester prudent, car il y a eu de nombreux échanges entre Roscanvel et les villages proches comme Trégoudan et Kerellot.

Roscanvel : terre d’immigration

 

Tout cela confirme bien l’attrait de Roscanvel.

 Comme cela s’est produit chez nous, les enfants, trop nombreux pour vivre sur une seule ferme, ont vendu leur biens pour aller vivre à Brest, laissant ainsi la place libre à de nouveaux arrivants, issus, eux aussi, de familles trop nombreuses ou à l’étroit sur leur territoire et qui trouvent dans la presqu’île une région encore accessible et relativement peu peuplée.

Cela se produisit encore vers la fin du 20ème siècle, avec de nouvelles populations venant toujours du Bas Léon et du Pays Bigouden, mais curieusement jamais des Montagnes, du moins chez nous.

 Il ne faut pas sous-estimer non plus l’attrait de la construction des lignes de Quélern tout au long du 17ème siècle. Beaucoup d’ouvriers sont venus avec leurs familles et ont restés.

Les prénoms 

 

526 hommes et 498 femmes ont été identifiés.

Les 6 prénoms les plus courants chez les hommes (y compris les prénoms composés) sont :

Cela ne représente même pas la moitié des individus.  En fait les filiations trouvées au Pays Bigouden et dans le Léon a fait apparaître beaucoup de  prénoms, qui étaient peu utilisés dans la presqu’ile de Crozon et qui n’ont d’ailleurs pas été repris par la suite

Chez les femmes le choix est plus restreint avec près de 75% répartis entre 6 prénoms, y compris les composés :

 Ici encore les apports récents du Léon et du Pays Bigouden ont conduit à diluer le pourcentage des prénoms les plus courants.

 

Ensemble ces 12 prénoms touchent moins de 60% des ancêtres identifiés.

616

59,92%

 

Les prénoms d’origine bretonne sont rares, à l’exception d’Yves, bien évidemment, d’Hervé ou d’Alain. Ils concernent exclusivement des hommes, surtout nés dans le bas-Léon. Yvon était préféré à Yves au début, du moins dans les actes, car s’il reste utilisé, il est plus rarement transcrit dans les actes. On trouve une fois Mazé pour Mathieu.

Mais quelle est donc l’origine du prénom « Sezny » ? Et que dire de celle de Glezvan (ou plutôt Glezran), qui apparaît à plusieurs reprises dans les BMS de Crozon?

 

yves

42

7,92%

hervé

29

5,47%

alain

18

3,40%

goulven

3

1,13%

corentin

3

1,13%

tanguy

3

1,13%

sezny

1

0,38%

ronan

1

0,38%

malo

1

0,38%

hamon

1

0,38%

 

102

19,24%

 

La moyenne des âges lors des mariages ou des décès

 

Dans de très nombreux cas les informations disponibles sur INTERNET, concernant les dates des naissances, des mariages ou des décès, manquent ou ont été « recalculées ». Finalement il y a peu d’individus pour lesquels nous disposons des trois dates. Néanmoins on peut estimer l’âge moyen des époux lors de leur mariage et l’âge moyen de leur décès.

âge moyen

hommes

femmes

mariage

27

23

décès

62

62

 

Les âges lors des mariages sont très étalés en raison des remariages très fréquents aux 17ème et 18ème siècles.

Les mariés les plus jeunes avaient 17 ans ; ils étaient tous de la Presqu’ile de Crozon ou des environs immédiats.

Des mariages plus précoces ont été trouvés, mais il s’agit essentiellement de dates recalculées.

Pour mémoire, avant 25 ans il fallait le consentement des parents (ou du conseil de famille pour les orphelins).

L’âge au moment du décès varie également beaucoup : entre 30 et 90 ans.

Les moyennes ont été calculées sur un nombre restreint d’individus (100, et même seulement 55 pour calculer l’âge moyen des femmes lors de leur mariage). Si on prend en compte les âges approximatifs l’échantillonnage augmente, mais sans grand changement pour le résultat.

 

L’examen de la liste des ascendants met également en évidence le fait que, sur une longue période, la durée moyenne d’une génération est de 30 ans. Cette information est importante, quand on se trouve face à des « trous » dans les généalogies. Il y a bien sûr des écarts d’une génération à l’autre, mais la moyenne reste toujours à peu près la même. Or les années de naissance ont souvent été recalculées sur la base de mères âgées de 25 ans seulement. Si c’est cohérent avec les moyennes ci-dessus, il y a peu de chances, que nos ancêtres soient tous des premiers nés. Par exemple Hervé Le Bihan avait un frère né 10 ans avant lui et un autre 10 ans après. Sur plusieurs générations cela peut conduire à des inexactitudes.

Dans le graphique ci-dessous est représentée  la moyenne des années de naissance, calculée par génération, avec les valeurs mini et maxi rencontrées. En prenant les années moyennes de naissance entre deux générations on peut en déduire la durée moyenne d’une génération.

 

Entre la 6ème et la 13ème on arrive ainsi à 31 ans par génération, même si l’échantillonnage est loin d’être satisfaisant à partir de la 7ème génération.  La moyenne se situe presque sur une droite et l’intervalle maxi-mini se réduit peu à peu, les données devenant plus précises.  Au delà de la 13ème génération la moyenne baisse, mais il y a aussi trop peu de données et les années de naissance résultent pour la plupart d’une évaluation.  On reste cependant sur la tendance des 30-31 ans. Les pointes observées pour la 9ème et pour la 13ème génération correspondent à des dates recalculées et très probablement erronées. Pour les générations 14 à 16 le faible nombre d’individus et manque d’informations précises contribuent à resserrer les extrêmes. Il faut noter, que la durée moyenne des générations récentes a considérablement diminué ; on arrive en effet à 26 ans du côté des grands pères et 22 du côté des grands mères, ce qui montre la nécessité de travailler sur des périodes longues.

En guise de conclusion provisoire, mais presque définitive

Certains généalogistes, qui ont passé des dizaines d’années à fouiller dans les archives, ont réussi à trouver 100% de leurs ancêtres jusqu’à la 12ème génération, (puis le taux diminue ensuite rapidement pour les générations suivantes). Dans notre cas il ne sera pas possible d’atteindre cet objectif, puisqu’il y a déjà deux inconnues importantes : le père de Prosper Le Bihan et les parents d’Édouard Emilian.

 

De plus les informations disponibles sont souvent très fragmentaires, comme on peut le voir sur les BMS accessibles sur le site des Archives du Finistère. Bien évidemment un survol régulier des généalogies en ligne permettra de remplir quelques trous, mais il sera difficile d’aller bien loin.

 

Il faudra se contenter de ce que nous avons : des ascendants originaires pour une grande part de la Presqu’ile de Crozon avec Roscanvel et les villages les plus proches : Kerellot (mais pas Penarpoul), Saint Fiacre-Le Fret, Kerloc’h, mais peu ou pas Camaret, Telgruc, Argol, Landévennec, le tour du Menez Hom avec Saint Nic, Plomodiern, Dinéault, mais pas Trégarvan….de la 4ème à la 7ème génération cela représente les ¾ de nos ancêtres. Le reste : le Léon, haut et bas, le pays Bigouden.

 

Comme les informations concernant la presqu’ile de Crozon sont moins riches, que celles du Léon, ou même du Pays Bigouden, il n’est pas possible de dire, si les 75% sont une constante ou s’il y a eu d’autres vagues migratoires importantes au cours du 16ème et du 17ème siècle.

 

Enfin le phénomène d’implexe perturbe le discours. Comment prendre en compte ces ascendants, que l’on retrouve plusieurs fois ?

Depuis la rédaction  de cette synthèse de nouveaux ascendants ont été identifiés mais leur nombre n’est pas suffisant pour remettre en cause les tableaux et graphiques ci-dessus. Il faudra attendre 2021 pour refaire les calculs.