Version 5.0_page 34-31_ mai 2020

 

Du Franc Germinal au Franc Poincaré

 

Depuis la nuit des temps la monnaie se dévalue, parfois de manière autoritaire , comme ce fut le cas au moyen âge, parfois aussi en raison d’événements incontrôlables, notamment les dévaluations successives dans les années 20 en France et surtout en Allemagne.

 

La livre tournois valait 30€ vers 1200, 10€ vers 1400, 4€ seulement vers 1600 et 1,42€ le 18 Germinal an II. Elle a donc perdu 95 % de sa valeur initiale.

Cette évaluation est basée sur la valeur du Franc Germinal, qui était exprimée en argent fin : 2,45g.

 

Pendant tout le 19ème siècle la valeur du Franc resta à peu près constante entre le Franc Germinal et le Franc Poincaré.

 

Cette stabilité a été confirmée dans les pages sur le prix des terres ou l’évolution des fermages.

 

Le Franc Poincaré

 

Puis après la fin de la guerre ce fut à nouveau la glissade. En 1920 le franc valait en gros le tiers de sa valeur d’avant la guerre, 20 % en 1930 et 10 % seulement en 1940. Curieusement il est resté relativement stable entre 1931 et 1938. La chute est arrivée avec les prémices de la guerre.

 

Il faut le garder en tête, quand on examine le coût de construction de Ker Diskuiza ou le coût de réparation du 16 de la rue Yves Collet.

 

La grille de 1924.

 

Parmi les papiers retrouvés il y a ce cahier avec des grilles donnant la solde des marins et du montant de leur retraite. On y trouve les montants en 1920 et la nouvelle valeur en 1924.

 

Les officiers (solde n°1)

 

Pour le bas de l’échelle elle a pratiquement doublé. L’écart est moins important pour les officiers généraux et les amiraux.  

Il y a des plafonds pour la retraite avec 3 coefficients: 1/2, 3/5 et 4/5. Il y a également des indemnités supplémentaires.

 

Les officiers mariniers et marins (solde n°2)

 

La solde n°2 est plus compacte que la solde n°1. La première grille concerne les spécialités du pont.

Le taux d’augmentation est par contre nettement plus élevé, puisque la solde du matelot breveté est multipliée par 3. Les coefficients pour la solde ont également évolué. Il y a désormais un 9/10.

 

Les mécaniciens sont nettement mieux payés. Les pilotes sont entre les deux.

 

La direction du port

 

 

Le dernier tableau s’applique aux personnels de la direction du port (les vétérans). Ici la solde est nettement plus basse.

Hervé Le Bihan

 

Pourquoi a-t-il jugé nécessaire de recopier ces grilles ?

 

Hervé Le Bihan faisait partie du Cadre de Maistrance et, à ce titre, il devait suivre une formation pour devenir officier des équipages. C’est probablement la raison d’être de ce cahier contenant des recopies d’instructions, des formules de politesse, des copies d’ordres de service….

 

 

En 1924 il est premier maître. La photographie date de la fin de 1925 (insigne de la Médaille Militaire) ou du premier semestre 1926.

Il ne semble pas être passé par la case « Maître principal » et sera promu Officier des Équipages de 2ème classe en juillet 1926. La différence de solde ne devait pas être très importante au début mais c’est cependant en février 1927, qu’il achètera la maison de la rue Yves Collet.

 

Il déclarera 14280F de revenus en 1926, ce qui indique, que la solde a encore augmenté, même s’il y a une part importante d’indemnités.

 

Un point à souligner il a passé trois mois à la direction du port de Cherbourg fin 1926, avant de retrouver le centre de dragage de Brest.

 

Sur la photographie on voit une chaîne de montre. Est-ce celle de la montre, qui a été conservée ?

 

Enfin, avec environ 7000 Francs de solde brute, valeur 1924, c’est cependant 40 % de plus, que son frère aîné, Yves Marie, qui est à la DP de Toulon (ou 20 %, si ce dernier est passé maître entre-temps).